Ce que le Qatar compte offrir comme mégacontrats à la France de Macron

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Au Qatar, lors de sa visite éclair, Emmanuel Macron pourrait être un président français heureux, très heureux. Sauf retournement de situation, il devrait assister avec l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, à la signature de plusieurs très gros contrats accordés aux industriels français, dont de nombreuses commandes militaires même si au menu la crise dans le Golfe et la lutte antiterroriste sont prioritaires. Des contrats dont “la maturité est proche”, selon l’Élysée. Ainsi, comme La Tribune l’avait révélé, Doha va confier la concession du métro de Doha sur une vingtaine d’années à un consortium français  composé par RATP et Keolis. Par ailleurs, Qatar Airways pourrait annoncer une conversion de commandes d’A320 en A321.

Concernant les dossiers Armement, le Qatar devrait finaliser, ainsi que La Tribune l’avait évoqué, la commande de douze Rafale supplémentaires lors de la visite du Chef de l’État français, ainsi qu’un contrat portant sur la vente de plus de 300 véhicules blindés de type VBCI, un contrat estimé à 2 milliards d’euros. Enfin, selon nos informations, Doha ne devrait pas en revanche finaliser la commande d’hélicoptères de transport NH90, dont un protocole d’accord a été signé en 2014. Mais les Qataris en voudraient plus (28 appareils au lieu de 22 initialement) et souhaiteraient, en outre, des Écureuil pour l’entrainement des pilotes.

Métro, Rafale et VBCI?

RATP Dev et Keolis ont remporté un contrat de plus de 3 milliards d’euros (environ 13 milliards de rials qatari) au Qatar en obtenant la concession du métro de Doha sur une vingtaine d’années face au consortium allemand de Deutsche Bahn (DB) et Arriva. Ce contrat a été obtenu de haute lutte par les deux groupes français. La première phase du métro de Doha, qui compte 31 stations et 86 km (le programme prévoit 200 km à terme), devrait être opérationnelle fin 2019. Soit un projet de 16,2 milliards d’euros pour les travaux.

À l’occasion de la venue d’Emmanuel Macron à Doha, l‘émir du Qatar, qui était venu le 15 septembre à Paris rencontrer le président français, aurait décidé d’acheter douze Rafale supplémentaires. Récemment, Doha avait demandé à Paris une prolongation de l’option portant sur la vente des douze avions de combat français, qui arrivait à expiration, avait-on précisé à La Tribune. Selon nos informations, le PDG de Dassault Aviation Eric Trappier serait d’ailleurs allé au Qatar porter une offre commerciale pour la vente de douze Rafale à la suite du contrat de 6,3 milliards d’euros (armement compris de MBDA et Safran) signé en mai 2015 par Doha pour l’achat de 24 avions de combat français (six en version biplace et 18 en version monoplace).

Cette visite pourrait également être une occasion de signer un contrat en faveur de Nexter pour la vente de véhicules blindés de type VBCI, présélectionné par le Qatar. Le groupe d’armement terrestre a répondu il y a plusieurs années à une offre pour plus de 300 véhicules blindés de type VBCI, un contrat estimé à 2 milliards d’euros, pour équiper les forces terrestres qataries.

La France en rôle d’arbitre

Lors de sa visite, Emmanuel Macron se rendra d’abord jeudi matin sur la grande base américaine d’Al-Udeid qui abrite le siège du Centcom, le commandement central américain qui dirige les opérations antijihadistes. Il y rencontrera le commandement américain, ainsi que les troupes françaises stationnées sur place. Il s’entretiendra ensuite avec le jeune émir du Qatar, avant une conférence de presse conjointe. Durant cette visite, les deux dirigeants ouvriront un “dialogue de haut niveau sur la lutte contre le terrorisme”, a indiqué la présidence française.

La crise du Golfe, qui oppose le Qatar à l’Arabie saoudite et ses alliés depuis six mois, devrait également figurer au centre des échanges. Soucieuse de ménager toutes les parties, dont le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, Emmanuel Macron devrait réaffirmer la position “médiane” de la France, selon l’Élysée. Depuis le début du boycott du Qatar par ses voisins du Golfe en juin, Paris n’a pas choisi de camp, mais appelé au dialogue et soutenu la médiation koweïtienne. À la recherche de soutiens, Doha a multiplié ces derniers mois les gros contrats d’armement avec des pays occidentaux et signé un accord de défense avec la Russie, sans oublier un partenariat de 25 ans avec Total pour développer le gisement pétrolier offshore d’Al-Chahine.

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