Corée du Nord : un nouveau tir de missile raté après la parade militaire

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C‘est un échec, mais sans doute provisoire. La Corée du Nord a échoué ce dimanche à effectuer un nouveau tir de missile, moins de 24 heures après une gigantesque parade militaire lors de laquelle elle s’est déclarée prête à riposter par le nucléaire à toute attaque atomique. Ce qui est considéré comme une nouvelle provocation de la part de Pyongyang aurait décidé la Chine à collaborer davantage avec les Etats-Unis, selon Washington.

 

La Chine admet que la situation «ne peut plus durer». Le conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump affirme dimanche que les dirigeants chinois travaillent désormais étroitement avec les Etats-Unis pour résoudre la question du nucléaire nord-coréen. «Il existe un consensus international, y compris avec les Chinois et les dirigeants chinois, pour dire que la situation ne peut pas durer», a-t-il déclaré lors d’un entretien à la chaîne américaine ABC.

 

«Il existe un réel consensus entre le président, nos alliés-clés de la région – le Japon et la Corée du Sud en particulier, mais aussi les dirigeants chinois – pour dire que ce problème arrive à un point critique, a-t-il ensuite développé. Nous allons devoir avoir recours aux dirigeants chinois.» Selon lui, la Corée du Nord serait «très vulnérable aux pressions des Chinois».

 

Une explosion quasi-immédiate. «Le commandement des forces américaines dans le Pacifique a détecté et suivi ce que nous estimons être un tir de missile nord-coréen a 11h21 heure de Hawaï (23h21 samedi, heure de Paris), le 15 avril, depuis le site de Sinpo», sur la façade océanique du pays, a déclaré Dave Benham, son porte-parole. Mais «le missile a presque immédiatement explosé», a-t-il affirmé, confirmant les informations du ministre sud-coréen de la Défense quelques minutes plus tôt. Ni Séoul ni Washington, les capitales sud-coréenne et américaine, n’ont précisé quel type de missile a été testé ce dimanche matin par Pyongyang, la capitale nord-coréenne.

 

«Il est probable que ce tir était un essai d’un nouveau type de missile ou d’un missile amélioré, ce qui fait qu’il est fort possible qu’il y ait prochainement une nouvelle provocation», a déclaré Kim Dong-Yub, expert à l’Institut des études d’extrême-Orient de l’Université Kyungnam de Séoul.

 

Dans un communiqué, le ministre américain de la Défense, James Mattis, a précisé que «le président (Donald Trump) et son équipe de conseillers militaires sont au courant de ce dernier tir de missile raté par la Corée du Nord». «Le président n’a pas plus de commentaire à faire», a ajouté le patron du Pentagone. Le ministère des Affaires étrangères britannique s’est, lui, déclaré «inquiet» face à ce nouveau tir, affirmant «suivre la situation de près». 

 

Un tir attendu. Ce test était largement attendu, alors que la tension est au plus haut avec les Etats-Unis depuis que le président Trump a affirmé jeudi sa volonté de «traiter» le «problème» nord-coréen. Certains pensaient même que le régime dirigé par Kim Jong-Un allait tenter de réaliser le sixième test nucléaire de son histoire, alors même que le vice-président américain, Mike Pence, se rend à Séoul dans le cadre d’une tournée asiatique programmée de longue date. Fin mars-début avril, la Corée du Nord a déjà tiré trois missiles balistiques vers la mer du Japon.

 

«Cette provocation du Nord est le dernier rappel en date des risques auxquels vous faites face quotidiennement dans la défense de la liberté du peuple de Corée du Sud et de l’Amérique dans cette partie du monde», a affirmé Mike Pence à des militaires américains et à leurs familles. «Laissez-moi vous assurer que, sous la direction du président Trump, notre détermination n’a jamais été aussi forte, notre engagement dans cette alliance historique avec le peuple courageux de Corée du Sud jamais aussi fort. Avec votre aide et celle de Dieu, la liberté prévaudra à jamais sur cette péninsule», a-t-il ajouté.

 

Un gigantesque défilé samedi. Ce tir raté intervient au lendemain d’un gigantesque show militaire organisé par le régime de Pyongyang pour le 105e anniversaire de la naissance du fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Il-Sung. Pendant cette parade, l’armée nord-coréenne a exhibé une soixantaine de missiles, et notamment ce qui semble être un nouveau type de missile balistique intercontinental. 

 

Des dizaines de milliers de soldats des armées de Terre, de l’Air et de la Marine ont défilé au pas de l’oie devant le dirigeant du régime nord-coréen, Kim Jong-Un. Puis un défilé de chars a suivi, avant la présentation de 56 missiles de dix types différents montés sur des semi-remorques, dont des missiles lançables depuis des sous-marins.

 

 

Ce déploiement de forces a notamment pour but de répondre à Donald Trump, quelques jours après avoir envoyé le porte-avions Carl Vinson et son groupe aéronaval vers la péninsule coréenne. Pour ce pays communiste isolé sur la scène internationale, il s’agit d’adresser «un message sans équivoque aux Etats-Unis après les propos de l’administration Trump et ses initiatives militaires», confirme Evans Revere, du centre de recherches Brookings Institution à Washington.

 

S’exprimant avant cette gigantesque parade militaire, le numéro 2 du régime nord-coréen a promis que son pays est «prêt à répondre à une guerre totale par une guerre totale». «Nous sommes prêts à répliquer à toute attaque nucléaire par une attaque nucléaire à notre façon», a insisté Choe Ryong-Hae.

 

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