Critique musicale: Edgär – Persona (2017)

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Aux origines d’un projet : deux parcours, une rencontre

En janvier dernier, à l’occasion de la parution de son premier clip vidéo, nous vous présentions Edgär, groupe au cryptonyme aussi désuet que singulier, choisi par le duo formé par Ronan Mézière et Antoine Brun. Derrière ce seul prénom donc, deux jeunes hommes de moins de trente ans, cheminant et travaillant désormais côte à côte après que chacun ait tenté l’aventure de groupe à la même époque, sur une même scène locale, mais séparément.

Des premiers pas musicaux des deux jeunes gens, on apprendra, à la lecture d’une interview, que Ronan fut le plus précoce  des deux, commençant l’étude du violon dès l’âge de six ans, la poursuivant douze ans durant avant d’apprendre en autodidacte à se servir d’une six cordes. Antoine lui commencera à s’intéresser au quatrième art à l’adolescence, après s’être procuré une guitare pour reprendre les morceaux qu’il affectionnait à l’époque[1]. Un peu plus tard, Les années lycée seront marqués par l’édification de leurs premiers projets musicaux. Ronan et Antoine, ne se connaissant pas encore,  fondent et intègrent leurs combos respectifs.

Elegant Fall voit le jour à Amiens en 2011 et se compose de cinq musiciens : Julien Bouillot (guitare), Vincent Cocagne (basse), Renaud Louis (batterie) , Morgan Vandamme (claviers) et Ronan Mézière qui officie en tant qu’auteur-compositeur, guitariste et chanteur. D’Elegant Fall, on retient une volonté de proposer une musique à la fois originale et singulière, revendiquant les influences conjointes d’artistes et groupes anglo-saxons tels les Beatles, Interpol ou Pink Floyd[2]. Au cours de ses quatre années d’existence, le quintet picard se sera entre autres produit en public dans le cadre du Picardie Mouv’, sur la scène amiénoise de La Lune Des Pirates, celle de L’Ouvre Boite à Beauvais, aura assuré des concerts à Lille (Aéronef)  ou Paris (Centre Georges Pompidou, Le Truskel) ainsi que les premières parties de Baden Baden ou Rover[3].

Moins d’un an plus tard, en janvier 2012, et toujours à Amiens,  Antoine Brun mettra sur pied Sweet Haze, groupe au son Pop-Rock,  comptant lui aussi cinq membres : Antoine donc qui assure le chant et la guitare rythmique, Lou (basse), Nicolas (batterie) Raphael (clavier) et Valentin (guitare). Si  musicalement ce groupe s’ancrait dans le genre Pop-Rock, il prenait tout de même soin de mâtiner  ses titres d’effluves et de références diverses faites à d’autres genres musicaux parfois bien  plus éloignés, reflet direct des influences musicales multiples de chacun de ses membres. Parmi ces dites influences, Sweet Haze reconnaissait celles d’artistes comme Puggy, The Clash, Noir Désir, Police, Sting, Supertramp, Eric Clapton, John Mayer ou Lords Of The New Church ou Beethoven.[4]  Si ce groupe n’aura vécu que trois ans, il aura tout de même su se montrer très rapide et productif, mettant à peine trois mois à concevoir et diffuser son premier E.P. cinq titres suite à sa formation. Ce premier écueil passé, Sweet Haze monte sur scène, joue en Picardie et dans le Nord, participe et remporte plusieurs tremplins pour jeunes talents (Picardie Mouv’, Quai des Jeunes, Musique De RU, vainqueur du FAEP’Stival en mars 2013) et est à l’affiche de plusieurs festivals (Festival du Lézard Jaune à Longueau, Festival R4 à Revelles).

En décembre 2012, à l’occasion d’une soirée organisée au Lucullus à Amiens, Sweet Haze partage l’affiche avec François Crimon et Elegant Fall. Peut-être  est-ce lors de ce concert que Ronan et Antoine se rencontrent et échangent  pour la première fois. Une collaboration est en tout cas loin d’être à l’ordre du jour pour les jeunes musiciens, Elegant Fall et Sweet Haze étant encore bien vivants et les mobilisant tous deux pleinement[5].

L’année 2013 semble avoir été une année charnière pour les deux formations picardes. En effet, Le début 2013 sera marqué par une participation de Sweet Haze à la troisième édition du tremplin amiénois « Quai Des Jeunes » avant d’être choisi, avec Thomas Albert Francisco, pour représenter la région Picardie lors de la tenue du tremplin musical étudiant « Musique de RU »[6], tremplin qu’il remportera, avant de s’adjuger, au début du mois de mars, la victoire lors de la première édition du Faep‘estival, un festival monté par l’entremise des associations étudiantes et plus précisément de la FAEP[7]. La fin juin voit Sweet Haze se produire,  une nouvelle fois en compagnie du groupe Elegant Fall, sur la scène étudiante du Chaudron à Amiens.[8] Les mois qui suivront alors seront entre autres marqués par le tenue de plusieurs dates et surtout par la confection de ce qui demeurera le second et dernier produit discographique de Sweet Haze, un Extended Play éponyme contenant cinq nouveau morceaux[9].

C’est en décembre 2013 qu’est publié Nocturnal Fiends, premier E.P. d’Elegant Fall. Un opus s’étant distingué à propos grâce à des compositions non dépourvues de finesse et aux atmosphères attrayantes. Un  E.P. manifestement Pop et grâce auquel, déjà,  se singularise le talent de Ronan Mézière pour l’écriture et la composition. Dans sa chronique de Nocturnal Fiends, pour le webzine Indiemusic.fr, Cyril L’Allinec écrira :

« L’ouverture se fait en grande pompe « Nocturnal Friends». Une vraie réussite. Chœurs extasiés, basse ronde, guitares sautillantes, batterie avenante… 20 idées se cognent les unes contre les autres pendant ces trois minutes. Une petite cathédrale pop s’érige devant nos oreilles ébahies».[10]

 Nocturnal Friends sous le coude, Elegant Fall se verra sélectionné moins de deux mois plus tard, en février 2014,  pour les auditions régionales des «  inouïs du Printemps de Bourges » et se produira pour l’occasion à La Biscuiterie à Château-Thierry.[11]

En ce même mois de février c’est le quintet Sweet Haze qui se retrouve à son tour dans les bacs, l’E.P. éponyme étant mis en vente le 13 de ce mois. Un maxi sur lequel nous nous étions penchés lors de sa sortie, dont personnellement nous gardons un bon souvenir et qui à l’époque nous avez inspiré le commentaire suivant :

« Un disque appréciable, très encourageant renfermant de belles promesses et qui devrait permettre aux amiénois d’élargir encore leur public. Inutile pour l’heure de chercher à comparer obligatoirement ce son à un autre, ce dernier étant certainement appelé à évoluer, à gagner en maturité à l’avenir.

Nous avons là un premier essai marqué mais qui se devra d’être transformé. En attendant la suite, l’EP qui nous est donné ici pourrait bien constituer une découverte digne d’intérêt pour nombre d’auditeurs. »[12]

Si l’impression laissée par l’écoute de ce disque était plus que positive et donnait réellement envie d’en entendre plus de la part de ce groupe, il n’en fut malheureusement rien, Sweet Haze devant se dissoudre quelques mois seulement après cette sortie. L’épilogue de cette aventure eu lieu un soir de décembre 2014, le 13, après un concert en terre creilloise donné à La Grange à musique et avoir partagé l’affiche avec les amiénois de Your Own Film et Thomas Albert Francisco[13].

 De son côté, Elegant Fall ne nous offrira pas non plus de successeur à son Nocturnal Friends, le groupe arrivant à sa coda à ce moment-là également.

Edgär : renouveau artistique et débuts en duo

L’année 2015 s’ouvre donc sur de nouvelles perspectives pour Ronan et Antoine. Elegant Fall et Sweet Haze n’étant  plus, les deux jeunes gens mettent désormais leur temps à profit. Progressivement, le duo se croise, échange et se fréquente de plus en plus souvent. L’entente, tant sur le plan personnel  que musical se crée. Une amitié solide naitra ensuite entre ces deux personnalités pourtant présentées comme bien différentes voir même opposées l’une à l’autre[14].

Sur l’origine de leur collaboration et leur motivation commune, les deux compères déclareront ainsi :

« Nous avions tous les deux des groupes sur Amiens. Nous  faisions des concerts et nous nous sommes croisés sur la scène Picarde. A la fin de mon précédent projet, je (Antoine NLDR) n’étais plus en accord avec les objectifs que nous nous donnions, j’avais envie de plus et Ronan aussi mais pour d’autres raisons. Nous nous sommes retrouvés avec les mêmes envies au même moment et comme nous étions devenus potes, nous avons choisi de partir sur un nouveau projet à deux[15]. »

Dans une interview vidéo réalisée par l’Oeil Du Spectacle en mars dernier, Antoine livrera l’anecdote suivante :

« Je vais parler d’un souvenir qui m’est propre, pour arriver sur notre rencontre : Je me rappelle d’un concert à Amiens, il y  a sept ans… On partageait le lieu avec un groupe qui s’appelait Elegant Fall, c’était le groupe de Ronan. Moi, j’avais un projet aussi avant et on a joué les premiers. Je me rappelle avoir fini de jouer, avoir aidé au changer la batterie de place et tout ça…Dès qu’ils ont commencé à jouer, je me suis dit : Bon d’accord, ce qu’on fait c’est bien, mais si demain tu peux faire un groupe avec ce gars-là, c’est mieux ! On s’est revu plusieurs fois et moi j’avais toujours cette idée dans la tête : Faire un groupe avec ce gars-là, ça peut être cool.  Il a pas voulu tout de suite, parce qu’il n’est pas vraiment quelqu’un qui marche vraiment  à l’artistique mais plus à l’amitié. Il a attendu qu’on soit amis et il a accepté…au bout de deux ans ! Aujourd’hui on se connait vraiment bien. Heureusement qu’il a attendu, qu’on est devenu amis. Aujourd’hui c’est ce qu’on montre sur scène : cette complicité, cette amitié qu’on a su créer. C’est ce qui a fait qu’aujourd’hui le projet est là et qu’on a envie de le défendre ! »[16]

Dans une entrevue accordée à Sandrine Milhau, Ronan confiera:

«(…) Antoine m’a demandé que l’on se voit à part et c’est la première fois qu’il m’a proposé de créer un projet ensemble mais mon groupe me prenait déjà toute mon énergie. Au fil du temps on est devenu de plus en plus proches et  lorsque nos groupes ont splité, nous avons commencé à jouer ensemble. Au départ c’était juste pour s’amuser, on faisait surtout des reprises en acoustique. Puis on a commencé à écrire des morceaux à deux guitares et deux voix. Lorsqu’on a eu plusieurs compositions qui tenaient la route on s’est dit que ça pourrait être sympa de faire un projet plus sérieux. Je pense que la scène nous manquait, on avait la matière, surtout l’envie et la complicité nécessaires pour aller plus loin. »[17]

La réunion autour d’envies et d’objectifs communs, d’influences musicales partagées et l’amitié ont donc définitivement donnés corps à cette entité musicale. Le duo existe, reste toutefois à le nommer. Antoine et Ronan répondront désormais tous deux au nom d’Edgär, pseudonyme certes désuet mais peu banal, qui malgré tout retient l’attention, et, en vérité, porteur de bien plus d’originalité et de réflexivité qu’il n’y parait.

Sur ce choix étonnant les amiénois confierons dans les pages de Laparisiennelife.com :

Antoine : « Nous voulions choisir un prénom pour notre projet musical car nous voulions être unifiés sous une même entité. Dès le début, nous y avons réfléchi car nous sommes très différents sur scène. Devions-nous mettre en avant nos différences ou plutôt quelque chose d’autre et nous avons choisi de mettre en avant notre complicité et la création qui en sort. »

Ronan : « Nous sommes un duo qui fonctionne un peu en miroir. Il n’y a pas de leader. Nous faisons tout ensemble »[18].

Musicalement, les deux chanteurs-guitaristes-claviéristes revendiquent les influences de combos comme Simon & Garfunkel, The Las Shadow Puppets, Justice ou Phoenix[19] et  explorent les contrées et rivages d’un genre qu’eux même qualifient d’Electro/Pop (d’autres parleront volontiers de Dream/Pop), l’expliquant de la sorte :

Ronan : « C’est compliqué de mettre des étiquettes et surtout en matière de Pop car aujourd’hui, c’est autant Britney Spears que les Artic Monkeys. Du coup, cela devient compliqué et on a tendance à rajouter d’autres articles à côté. Nous parlons souvent de Pop-Electro car il y a des machines. Le côté Dream apporte un côté planant et aérien.

Antoine : Le meilleur moyen de présenter ce que l’on fait aux gens serait de dire que c’est le duo Simon & Garfunkel mélangé à Phoenix ou à Justice.

Ronan : Au départ, il ne faut pas oublier que nous partons de la Folk. Nous voulons trouver le juste milieu d’entre l’intimité de la Folk et le gros son de l’Electro. »[20]

Pour le duo les choses sérieuses débuteront par une résidence à l’Ouvre Boite de Beauvais en mai 2015, vite suivie par l’enregistrement de leurs premières démos, à Dunkerque, avec l’aide de Marc d’Aussy pour les mixage et mastering. Trois titres seront travaillés pour l’occasion, dont une version primitive de Two Trees. A la fin du mois de juin  2015, Edgär dévoile pour la première fois ses visages alors qu’une première photo officielle, due à Bastien Pradeau, est dévoilée[21].

Le 2 juillet, c’est un premier aperçu de leur nouvel univers musical qui est rendu public, la démo du morceau Different Sights étant mise en ligne. Un titre se signalant dès son entame par un son de basse typiquement électro tout juste introduit par quelques percussions. Deux guitares se font ensuite entendre, l’une jouant un gimmick rythmique sympathique mais accrocheur, l’autre distillant un motif mélodique aux notes cristallines. La dynamique instaurée entre les couplets du morceau et son refrain enjoué est elle assez efficace sur l’ensemble de ce titre au rythme modéré de bonne facture. Le chant est assuré en duo et de manière égale par les deux compères, élément illustrant plutôt bien l’unicité artistique de ce duo. Des débuts marqués par la publication d’une première démo sans prétention, simple dans la forme mais efficace.

Un premier choix qui avec le recul, et l’écoute d’autres titres,  semble avoir été des plus judicieux, ce titre contenant déjà ce qui par la suite tendra à devenir la matrice musicale du jeune duo. Une matrice ayant pour épicentre créatif la mélodie, élément sur lequel se fonde prioritairement toute composition nouvelle. Une méthode, un processus créatif que les musiciens ont eux-mêmes explicité à l’occasion de différentes entrevues :

« Tous nos morceaux sont créés guitare-voix ou piano-voix à la base. La mélodie est au centre de tout, elle est le fil rouge, et notre première exigence. C’est elle qui fait qu’un morceau soit bon ou pas, c’est elle qui créé l’émotion. Les arrangements sont là pour la magnifier et nous on est là pour la faire vivre. C’est ce qui définirait la Pop selon nous. Les arrangements sont le fruit de nos différentes influences. On écoute énormément de musique et dans tous les styles. C’est la diversité qui permet de créer son propre son et d’éviter la redondance. On essaye de faire en sorte que chaque morceau soit unique. » [22]

« On se dit que l’on tient un bon morceau lorsqu’après l’avoir joué, les gens le fredonnent encore. La mélodie est vraiment la base de nos compositions. »[23]

« La plupart du temps, Ronan écrit la totalité des morceaux. Antoine a un regard critique qui permet de cadrer l’esthétique et de peaufiner les arrangements ainsi que les structures finales. Travailler avec un ordinateur apportent des possibilités infinies mais il faut savoir se poser des limites pour ne pas détruire l’essence même d’une musique. Il faut pouvoir prendre du recul, et travailler à deux, permet d’avoir un regard plus affûté sur un morceau. On essaye de travailler chaque son dans le moindre détail pour obtenir une chanson qui nous touche. »[24]

Si musicalement Edgär magnifie la mélodie, il couple cette dernière avec une plume aux couleurs bleutées, aux relents doux-amers, nous livrant des textes fruits d’un travail souvent introspectif mené dans le temps, comme ils le livreront aux lecteurs du site laparisiennelife.com :

Antoine : « La ligne directrice est l’introspection. Nous écrivons sur des émotions vues avec du recul.

Ronan : Cela va souvent se rapprocher d’un événement ou d’une émotion. Nous partons du principe que les textes sont dits par une personne. Le but est de faire passer des émotions et cela permet d’y ajouter de pourquoi pas l’humour mais surtout d’avoir un recul. Nos textes peuvent parler d’amour, du fait d’être artiste (« The Painter »)… »[25]

Une quinzaine de jours après la parution de Different Sights, Edgär se produit au centre Léo Lagrange d’Amiens pour une session acoustique donnée dans la chapelle. Le 1er septembre Le duo passe en radio, sur Radio Campus Amiens et Radio Graf’Hit, donnant une interview et jouant à l’occasion de la rentrée de l’émission Le Vase Communicant. Ils retrouveront ensuite la salle de l’Ouvre Boite de Beauvais pour une nouvelle résidence et sont ensuite sélectionnés par l’Association Culturelle Argentine[26] en vue d’une participation au concours Jeunes Talents Caisse d’Epargne, un concours offrant à ses lauréats l’opportunité de se produire en première partie de la tournée des concerts privés Caisse d’Epargne, en plus d’un soutien financier.[27]

Le 21 septembre Ronan et Antoine mettent en ligne un premier teaser dévoilant un extrait du morceau Two Trees illustré par des images  capturées à l’occasion de leur résidence beauvaisienne. Quatre jours plus tard, ils se produisent à La Taverne Elektrik d’Amiens et le lendemain mettent le cap sur Corbie pour une soirée au Théâtre Les Docks.

En octobre 2015, une critique du titre Different Sights parait dans la presse. Le 8 de ce mois Edgär donne son premier concert officiel. Celui-ci a lieu sur la scène de La Lune Des Pirates (Amiens), dans le cadre de la huitième édition du Festiv’Art,  alors que le duo ouvre pour la chanteuse Nicole Sabouné. Pour leur première, les deux amis font salle comble. Une prestation qui sera évoqué par le fanzine La Mine dès le lendemain[28]. La fin de ce mois d’octobre est elle marquée par un nouveau passage sur les ondes, celles de France Bleu Picardie cette fois, alors qu’Edgar est invité au micro de Xavier Rinaldi pour l’émission Les Picards Sont Formidables ![29]

Une version live du morceau Tea Cup, enregistrée lors de leur passage à l’Ouvre Boite, est diffusée le 1er novembre.  Le résultat final est dû à Alexandre Villard ( a.k.a Sans Foi Ni Loi). Une dizaine de jours plus tard, Edgär assure la première partie de Gengahr à La Lune Des Pirates, remplaçant au pied levé la groupe BC Camplight ce soir-là. Saint Quentin et son Splendid les accueilleront ensuite, le 21 novembre. Edgär prenant part au Picardie Mouv’, partageant l’affiche avec des formations telles Black Strobe ou The Shoes. Le 30 novembre, c’est à Abbeville qu’on les retrouve à l’occasion d’un concert donné en lever de rideau pour Noor à l’Espace Culturel Saint André. Une soirée qui semble avoir marqué les musiciens qui le lendemain confieront, via leur page Facebook, avoir été particulièrement touchés pour l’ovation reçue la veille au soir[30].

Moins de 24 heures après leur concert abbevillois, Edgär retrouve la capitale picarde et sa scène étudiante du Chaudron. Les prestations s’enchainent, Edgär progressivement s’aguerrit, le public suit et la presse aussi !  Le duo se voit en effet consacrer plusieurs articles de la part de la presse locale suite à leurs prestations remarquées[31]. Pour les deux amiénois, 2016 s’annonçait donc sous les meilleurs auspices…

Un début d’année marqué par la diffusion d’un second teaser, le 3 janvier. A peine une minute d’une musique plutôt aérienne couplée à quelques images du concert donné en fin d’année précédente, à Saint Quentin lors de la dixième édition du Picardie Mouv’.  Le 14, C’est avec le rappeur Crescendo qu’ils  partagent l’affiche d’une soirée au centre culturel Léo Lagrange et retrouvent donc la salle La Chapelle. Edgär retourne ensuite dans l’Oise pour une résidence d’environ une semaine placée sous l’égide de l’Association Culturelle Argentine, toujours présente[32].  

Au début du mois de février Edgär annonce commencer à travailler en studio et investissent les murs du RBM Studio, structure isarienne,  là-même où Antoine Brun avait enregistré l’E.P. de son ancien groupe en 2014. Enfin, le 28 février, le duo dévoile un nouveau clip, toujours une vidéo live. Après Tea Cup, c’est cette fois une composition nommée The Hunter qui est mise à l’honneur[33].

Deux semaines plus tard, Edgär annonce via sa page Facebook avoir été convié à participer au tremplin du Main Square Festival, avec passage devant le jury prévu le 19 mars 2016. L’audition sera concluante pour les deux compères qui prendront ensuite part à la demi-finale du concours organisée les 9 avril au Splendid de Saint-Quentin. Tout se passe bien jusqu’au soir du 30 avril où, sur la scène du Pharos à Arras, pour la finale, le duo fera finalement choux blanc.[34]

 En mai, le club de football de l’Amiens SC choisit le titre Two Trees pour l’habillage sonore de l’une de ses vidéos, ce qui prouve une fois de plus l’intérêt grandissant porté à la musique proposée par Edgär au niveau local et régional. A la fin du mois, le 27, Ronan et Antoine se produisent à Amiens, dans le cadre de l’évènement Day Block Party. Le mois de juin sera lui marqué par des  prestations données à Saint-Quentin (le 18) et à Septmonts (le 25) où, dans le cadre du Festival PicsArts, ils partagent notamment l’affiche avec des groupes tels : Lily Wood And The Prick, Electro Deluxe, Hyphen Hyphen , Jeanne Added, MB14 ou bien  LEJ[35].

A la mi-juin, on apprend également que la rédaction du scénario du premier clip d’Edgär est terminée et que le casting pour celui-ci est ouvert. Le mois suivant le duo s’enferme quatre jours durant au Centre Culturel Jacques Tati d’Amiens pour peaufiner un nouveau set. Le 20 juillet Edgär annonce que le casting du clip en préparation est bouclé. Un peu plus d’un  mois plus tard, le 1er septembre,  c’est une nouvelle photo officielle qui est mise en ligne.  Au cours de ce même mois, Edgär boucle une nouvelle résidence à l’Ouvre Boite et rend disponible à l’écoute le très attendu Two Trees, premier extrait de leur Extended Play Persona,  diffusé dès le 21 septembre[36].

Le 24 septembre 2016 le duo donne un concert à Roubaix à la Condition Publique (à l’affiche du Crossroad Festival). Une semaine tout juste après l’arrivée de Two Trees, Edgär dévoile une première reprise de ce morceau, réalisée par eux-mêmes mais en compagnie d’un autre amiénois, MB14, aperçut il y a peu sur TF1, lors de sa participation au télé-crochet à succès The Voice. Un moment capturé lors des offs du Festival PicArts[37].

Une semaine plus tard, les deux compères mettent le cap sur la capitale pour leur tout premier concert parisien. Celui-ci a lieu au Bus Palladium. Ce soir-là,  Edgär joue aux cotés de Victoria Caffe et Leyn. Nous sommes alors le 30 septembre 2016.[38] Début octobre, on les retrouve à Thourotte pour un concert donné en première partie de Mesparrow. Le 7 octobre, ils sont à Bethune et ouvrent cette fois pour les belges du groupe Puggy. Un concert donné dans l’enceinte du Théâtre de Béthune, et décrit après coup par Edgär comme « un moment rare et précieux ». Petit à petit, l’envergure scénique du duo se fait jour, s’affermit et le public y  semble de plus en plus réceptif…[39]

A la mi-octobre, le 18, Edgär foule une nouvelle scène parisienne, le duo étant programmé au 3 Baudets. Le 7 novembre les amiénois publie leur troisième vidéo live, qui illustre cette fois le titre Television. Le montage  et le résultat final sont entre autres dus à Bastien Pradeau. Les images furent elles captées au Hangar LG Son[40]. Television s’ouvre sur un discours introductif au propos à la fois juste, ironique et critique. Une rythmique assez martiale et bien mise en avant arrive ensuite conférant au morceau un tempo rapide. Les accords de six cordes se veulent cette fois plus incisifs et plus Rock. Le chant est ici partagé et permet une meilleure différenciation des deux timbres de voix, à l’exception notable du refrain, un refrain que vient appuyer une nappe de synthétiseur à laquelle s’adjoignent  ensuite une guitare solo et une rythmique se faisant plus présente et puissante sur la fin du morceau. Un bon moment de Pop savamment matinée d’influences Rock grâce auquel Edgär dévoile une autre de ses facettes, Television se voulant sensiblement différent de Different Sights.

Le 14 novembre, Edgär annonce participer au prochain tremplin du Ricard Live S.A. Cinq jours plus tard, ils prennent part au Festival Haute  Fréquence et se produisent pour l’occasion à Vitry En Artois, y donnant un concert intimiste à bord d’une péniche. A la toute fin du mois, c’est leur site officiel qui arrive sur la toile[41].

Le 1er décembre, Edgär nous informe faire partie des cinq finalistes picards du tremplin des Inouïs du Printemps de Bourges aux côtés d’Audiostone, Fauna Twin, Kimberose et Reinozer. [42] Deux jours plus tard, c’est officiel, Persona, leur  premier Exteded Play cinq titres est prêt[43]. Le 6 décembre, on annonce que les picards font officiellement partie du top 100 du Ricard Live S.A[44].

Le 8 décembre est soir de release party. Au cours d’une soirée tenue à la Lune Des Pirates, Edgär profite d’un concert donné en première partie du groupe Sarah W. Papsun ( pour lequel Antoine avait, quelques années plus tôt, et dans cette même salle , assuré un lever de rideau) pour interpréter devant son public des premières heures l’intégralité du maxi à paraitre dans quelques temps. Le lendemain, emmèné dans les bagages du groupe parisien, Edgär assure à nouveau leur première partie lors d’un concert programmé aux Quatres Ecluses, à Dunkerque.

Avec cette première sortie annoncée, le travail et l’investissement paient et se concrétisent de manière plus qu’évidente. Doucement, la machine Edgär se met en branle et est loin de laisser les oreilles insensibles ou indifférentes : En cette toute fin d’année 2016, la presse semble accordée une attention particulière à la musique du duo, Edgär se voyant consacrer pages et articles dans des parutions web telles : Muzzart, Illico ou encore Efflorescence Culturelle[45], prémices d’une année 2017 s’annonçant à la fois riche et prometteuse !

En janvier 2017, Ronan et Antoine seront joliment mis à l’honneur par le magazine La Mine, le numéro 63 de celui-ci leur offrant leur  toute première couverture ainsi qu’une interview dans ses pages. Le 16 janvier, Edgär dévoile enfin la date de sortie officielle de Persona. Celle-ci est fixée au 3 mars 2017[46].

Dans le cadre des Inouïs Du Printemps de Bourges, Edgär accorde une nouvelle interview à Radio Campus Amiens le 25 janvier, leur audition étant fixée au 28. Ils retrouvent à cette occasion une salle qu’ils connaissent bien : Le Splendid de Saint-Quentin. Le lendemain, les deux amiénois annonceront sur les réseaux sociaux que deux titre de leur premier E.P.,  Tea Cup et Two Trees , se trouveront également sur la bande originale de Clown tueur, chèvres et apocalypse, un court métrage réalisé par Studio Vrac[47].

Le 3 février, ils reprennent la route, se rendent en Normandie, à Caen, où ils prennent part à la première édition des Offs De La Route De Calva avec un set donné au Portobello Rock Club. Le lendemain ils débarquent à Paris et commencent le travail de réalisation de leur prochain clip, une vidéo qui devrait accompagner la chanson Tea Cup[48].

Le 21 février, la vidéo illustrant leur premier simple Two Trees est dévoilée. Résultat de plus de six mois de travail, ce clip donne à voir deux protagonistes s’aimant leur vie durant, dans un décor sobre et puissamment évocateur. Les plans tournés en extérieur et les paysages choisis accentuant parfaitement l’impression de romantisme se dégageant de l’ensemble, images et musique étant ici parfaitement en adéquation. Le scénario est l’œuvre conjointe d’Antoine et Ronan, ce dernier semblant s’être très fortement et personnellement investit dans la conception et la réalisation de cette première mise en images de sa musique. Un clip très réussi, presque touchant méritant vraiment le coup d’œil et qui aligne au casting les acteurs Anouchka Csernakova, Hubert Anceaux, Thomas Goldberg, Tess Boutmann, Izac et  Elfie De Toutencourt qui deviendra la première égérie du duo, son regard naïf et rêveur illustrant dorénavant la jaquette de Persona.

Revenant sur la réalisation de leur premier clip au cours de différentes entrevues, Ronan et Antoine déclareront :

Antoine : Le scénario a été écrit par Ronan et il a été coécrit par sa copine et moi.

Ronan : « Le clip a été réalisé par une équipe locale. Nous avons créé une équipe de bénévoles et de professionnels pour tourner ce clip sur une semaine.

Antoine : Nous avons tout fait nous-mêmes de A à Z. Nous voulions un beau clip et c’était important de faire que ce projet soit une vraie aventure d’autant plus pour Ronan qui vient de la vidéo. Nous avons travaillé durant six ou sept mois sur ce clip.

Ronan : Tout le monde s’est réuni autour de ce projet artistique que nous avons voulu beau, joyeux et original.

Antoine : Que ce soit les plus jeunes acteurs Elfie et Izac ou Anouchka et Hubert les plus grands, ils ont tous aimé le morceau. Cela nous a rassurés sur ce que l’on faisait »[49].

« On essaye vraiment de travailler tous les aspects du projet. La musique reste au centre mais on attache beaucoup d’importance au live et à l’aspect visuel. On a travaillé dur pour le premier clip “Two Trees”. On souhaitait vraiment que la vidéo magnifie la musique. On ne voulait pas que l’image soit juste un support »[50].

La Release Party de Persona à lieu le 7 mars à Paris,  aux Trois Baudets où Edgär joue ce soir-là en compagnie du combo toulousain Ruby Cube. Deux jours plus tard, Ronan et Antoine annoncent avoir paraphé un contrat d’édition avec la société Les Airs A Vifs,  fondée en 2006 par Laurent Cléry, spécialisée dans l’édition donc mais aussi le management.  Edgär se retrouvant du même coup « aux cotés » de groupes comme Kid Wise, Metro Verlaine, After Marianne, Pony Pony Run Run ou Archimède…

A la mi-mars Edgär est sur la scène de la Cartonnerie de Reims où il ouvre pour General Elektrik avant, le 21 mars, de retrouver Paris et de se produire dans le cadre du Festival Générason Reservoir. Ils sont de retour sur leurs terres deux jours plus tard. C’est cette fois un concert abbevillois, à l’espace Culturel Saint André, qui est au programme. Le 31 mars, il est révélé qu’Edgär est désigné artiste de l’année du Festival Générason Réservoir[51].

Le 1er avril 2017, c’est la frontière belge que le duo franchit pour se rendre dans la localité wallonne de Dottignies où sont organisées les Journées et Nuit de l’Architecture, un évènement auquel prend part un autre groupe picard, que nos lecteurs connaissent bien, le Dirty South Crew.  Edgär est programmé au Truskel Microclub, à Paris, Soixante-douze heures plus tard. Puis, le 20 avril, Edgär se produit, dans le cadre du Printemps De Bourge, au showcase organisé par l’équipe de  Rock In Loft. Avril 2017 se conclu pour la paire par un concert donné le 30 à Guise.[52]

 

Source: Compte Instagram Officiel d’Edgär

 

Persona : entre onirisme et électrisme

C’est donc le 3 mars dernier que fut publié Persona, un E.P. proposant la découverte de trois titres dans sa version physique et cinq en digitale. Un premier effort discographique vu et revendiqué comme tel par ses auteurs qui le qualifient de « premier jet » ou de carte de visite dévoilant leurs premiers balbutiements triés sur le volet parmi une bonne quinzaine de titres. Un choix mûrement pensé et réfléchit, venant sanctionner plus d’un an de travail nécessaire à l’élaboration et au peaufinement de leur propre son tout en en assumant la teneur plus naïve, enfantine et spontanée, la sincérité de la démarche artistique semblant avoir réellement prévalue[53].  Sur le choix fait d’un nom latin pour baptiser leur première œuvre, Antoine explique ainsi :

« Je suis coach scénique et lors d’une formation, on nous a expliqué que le persona était entre la personne et le personnage, c’est le côté poétique de la personne avant qu’il ne soit travaillé pour donner le personnage et cet EP est exactement cela. Cet EP n’est pas le personnage Edgär car il va grandir puisqu’il n’est qu’au début de sa vie et cet EP n’est pas non plus nos personnes, il est cet entre-deux »[54].

C’est à Clermont de l’Oise, en Picardie, dans l’enceinte du RBM Studio que fut enregistrée cette galette, Olivier Vasseur et Romain Botti en ayant assuré l’enregistrement et le mixage.  Le mastering, réalisé au Sterling Sound Studio de New York,  est dû à Alexis Psaroudakis et c’est à Ronan que l’on doit l’écriture et la composition des titres présentés ici. La photo de couverture est elle de Bastien Pradeau tandis que Laurent Shymick et Thomas Boucherie se sont chargés de l’artwork.[55]

Persona est pourvu d’un son à la production de qualité quoique très « carrée » et calibrée. Le travail est ici très maitrisé et non dépourvu de finesse, chaque élément sonore se juxtaposant à propos à l’ensemble sans se voir négligé. Le résultat est en tout cas appréciable et confère à l’ensemble de morceaux proposés une homogénéité ne rendant l’écoute du disque que plus facile et agréable. Une impression générale qui laisse malgré tout poindre, sous le vernis attrayant de la Pop matinée de Rock, un travail certainement long, réfléchit et bien plus abouti et sophistiqué qu’il n’y parait.

C’est avec Two Trees, le titre envoyé en éclaireur, que la découverte de l’univers musical d’Edgär commence. Le climat se veut doux et feutré, impression soulignée par les quelques notes jouées en introduction par un carillon. Les voix de Ronan et Antoine arrivent ensuite, s’unissant toutes deux dans une parfaite harmonie, attestant ainsi, même indirectement,  de l’unicité de leur démarche artistique, de leur projet. Cette impression culminant sur un refrain des plus efficaces. Des voix que soutiennent joliment un gimmick de clavier et un son de basse plutôt discret qui débouchent finalement sur la clameur juvénile d’une  cour d’école, Edgär semblant réaffirmer par ce biais, la jeunesse, la naïveté, la spontanéité et l’authenticité qui le caractérise encore pour beaucoup aujourd’hui. La seconde moitié du morceau est marquée par une rythmique se faisant plus présente et massive, créant du même coup un joli contraste avec les accords distillés par les claviers qui eux confèrent à l’écrin musical de cette chanson un contour « aérien » très réussi. Une entrée en matière gorgée de douceur et de joliesse mais au demeurant fort agréable et  très attrayante et dont le pendant vidéo vaut le coup d’œil.

The Paintor arrive ensuite et se signale par les notes cristallines d’un motif de six cordes soutenu par les claviers et une rythmique sans faille et des plus carrées ajoutée à cet ensemble  par un échantillonneur. Le chant est comme précédemment délivré à deux voix mais les accents et inflexions dont il se pare cette fois rappellent plus ou moins aisément  la Brit’Pop. Le rythme s’accélère singulièrement à l’entame de la seconde moitié du morceau. Les accords joués par la guitare et le clavier se répondent, s’unissent, donnant à cette composition un  surplus d’intensité, de vivacité, allant crescendo jusqu’à un climax. La teneur du morceau se fait plus lourde, comme oppressante. Une évocation de la vie d’artiste certainement moins innocente qu’il n’y parait pour un titre qui de lui–même s’imposerai presque comme le plus réussi et aboutit qu’Edgär nous propose actuellement sur disque. The Paintor n’aurait à coup sûr pas démérité si il avait été choisi en tant que premier simple promotionnel mais il semble que ses auteurs aient bien fait de ne pas le jeter en pâture trop tôt, tant cette composition mérite d’être découverte et appréciée au sein même de Persona. L’impression et le ressentit laissés après écoute n’en sont que meilleurs. Une chanson qui à elle seul pourrait justifier l’achat de ce disque.

Le voyage se poursuit avec Tea Cup, titre de moins de trois minutes, le plus bref de l’E.P. et celui sur lequel les influences Folk du groupe sont le plus clairement mises en avant. Le morceau est porté par un chant plutôt enjoué, contrastant intelligemment avec la teneur du texte qu’il déclame. La guitare délivre dès l’entame un gimmick sympathique et accrocheur imprimant au titre un rythme modéré, souligné à propos par une ligne de basse de bonne facture et des claviers du même acabit. La six cordes délivre enfin quelques accords mélodiques plutôt enjoués et ensoleillés. Choisissant d’œuvrer dans le registre Pop-Folk sur ce titre, Edgär dévoile une autre de ses facettes, proposant une composition se singularisant assez nettement des deux précédentes. Tea Cup n’est pas leur composition la marquante ou aboutie mais reste plaisante et agréable, sa brièveté concourant à son efficacité intrinsèque. Notons que le clip illustrant ce morceau devrait être disponible  en juin prochain[56].

Deux autres titres sont également rendus disponibles sur la version numérique de Persona. Slow Motion, le premier d’entre eux, se signale d’abord par le rythme assez lancinant que lui impriment les percussions. Un rythme duquel se détache une ligne de basse bien ronde et plus audible que sur les titres précédents. Le chant est du même tenant et, de plus, semble fortement empreint de nervosité. C’est une guitare assez rageuse que se fait entendre ensuite, plaquant des accords tintés de Rock sur une nappe de synthétiseur au son assez aérien. Un titre mid-tempo  à l’atmosphère particulière et particulièrement Rock, sur lequel la guitare se voit bien mise en avant. Un résultat intéressant, audacieux aussi.

 C’est avec la chanson The Hunter que le voyage prend fin. Une composition pourvue de bons gimmicks de clavier et de percussions. Le chant parait verser dans l’introspection, une impression soulignée à propos par le jeu de clavier tandis que la guitare délivre un gimmick plutôt discret mais sympathique qui contraste ainsi efficacement avec les percussions que se trouvent bien mise en avant dans le dernier tiers du morceau. Une conclusion assurée par une composition  laissant entrevoir le potentiel d’Edgär, dans un registre diffèrent, cette fois encore.

 

« We’ll never be old

And while we stay together

We’ll be the heroes of our world »

 

*****

 

Avec Persona Edgär livre un premier effort discographique globalement réussi, à la croisée des chemins entre Pop, Folk, Rock et Electro, dont les titres se révèlent aussi distincts qu’homogènes. Un élément qui permettra certainement à Edgär d’intéresser un public assez large, sa Pop magnifiée, classieuse et mélodieuse ne pouvant laisser totalement insensible. Si l’on pourrait reprocher à cette musique son penchant « mainstream », celle-ci n’en demeure pas moins efficace et fort bien produite. Le duo semble de plus faire preuve de suffisamment de créativité pour ne pas tomber dans l’écueil de la facilité apparente, une écoute attentive achevant de nous en convaincre.

Un Exteded Play de trois titres seulement mais suffisamment long pour nous laisser entrevoir et apprécier un potentiel certain aux facettes multiples qui doit encore s’aguerrir dans le temps. Laissons à Edgär le temps de grandir et faire sa mue, le long chemin parcouru en moins de deux ans par ces jeunes gens en témoigne : tout peut aller vite, très vite. Souhaitons à ces deux oiseaux de nuit de ne pas se perdre, ne pas trop tôt se bruler les ailes. Les promesses faites ici mériteraient d’être tenues et Persona d’avoir un successeur digne de ce nom.

Un attendant la suite, on jettera une oreille (voire les deux !)  à cette petite réussite pleine de promesse qui se doit d’être appréciée pour ce qu’elle est : les balbutiement et premiers pas d’un duo fait sur un sentier que l’on espère long. Au vu de leur talent, ces gamins le mériteraient.

 

Liste des pistes :

  1. Two Trees
  2. The Paintor
  3. Tea Cup
  4. Slow Motion (titre bonus)
  5. The Hunter (titre bonus)

 

Edgär, Persona, Elegant Fall Support, 2017

Xavier Fluet @GazetteDeParis

 

 

[1] Sandrine Milhau, « Persona », la musique électrique du tandem Edgär », san11blog.com, 24/03/2017. Page consultée le 19/04/2017. Lien : https://san11blog.com/2017/03/24/persona-la-musique-electrique-du-tandem-edgar/

[2] Page Facebook d’Elegant Fall, séction « à propos », Biography. . Page consultée le 19/04/2017. Lien : https://www.facebook.com/pg/elegant.fall.9/about/?ref=page_internal

[3] Id.

[4] Xavier Fluet, « Sweet Haze – E.P. (2014) », La Gazette De Paris, 23/02/2014. Page consultée le 19/04/2017. Lien : http://gazetteparis.fr/2014/02/23/critique-musicale-sweet-haze-ep-2014/

[5] Page Facebook de Sweet Haze, section « à propos », Biography.  Page consultée le 19/04/2017. Lien : https://www.facebook.com/pg/sweethazeband/about/?ref=page_internal

[6] Cf. Note 4.

[7] Id.

[8] Ibid.

[9] Ibid.

[10]Cyril L’Allinec, « Elegant Fall –Nocturnal Friends », Indiemusic.fr,  23 /01/2014. Page consultée le 19/04/2017. Lien : http://www.indiemusic.fr/2014/01/23/elegant-fall-nocturnal-friends/

Cf. Note 2.

[11] Cf. Note 2.

[12] Cf. Note 4.

[13] Cf. Note 5.

[14] Audrey Phébidas, « biographie d’Edgär », www.lesairsavif.com/, Page consultée le 20/04/2017. Lien : http://www.lesairsavif.com/portfolio/edgar

[15] Steph Musicnation, « Rencontre avec Edgär,, un duo très prometteur ! », Laparisiennelife.com, 20/03/2017. Page consultée le 20/04/2017. Lien : http://www.laparisiennelife.com/2017/03/rencontre-avec-edgar-un-duo-tres-prometteur.html

[16] Interview vidéo d’Edgär par l’œil Du Spectacle, 07/03/2017. Lien : https://www.youtube.com/watch?v=3Ji-9Mh50Yg&t=49s

[17] Cf. Note 1.

[18] Cf. Note 15.

[19] Profil d’Edgär pour l’édition 2016 du concours, Le Lab Des Inrocks. Page consultée le 20/04/2017. Lien : http://www.lesinrocks.com/lesinrockslab/artist/edgar/

[20] Cf. Note 15. 

[21] Cf. Note 5. Page consultée le 24/04/2017. Lien : https://www.facebook.com/Edgarofficiel/?fref=ts

[22] Antoine Magyar, «  On prend le bonheur un peu partout dès qu’il se pointe. », Cocy.fr, 11/04/2017. Page consultée le 24/04/2017. Lien : http://cocy.fr/2017/04/11/interview-edgar-well-never-get-old/

[23] Cf. Note 1. 

[24] Id.

[25] Cf. Note 15.

[26]  Site de l’association ASCA : http://www.asca-asso.com 

[27] Page Facebook d’ Edgär.  Page consultée le 24/04/2017. Lien : https://www.facebook.com/Edgarofficiel/?fref=ts

[28] Id.

[29] Xavier V. Rinaldi, « Edgär : une symphonie à quatre mains », France Bleu Picardie, 27 octobre 2015. Page consultée le 24/04/2017. Lien : https://www.francebleu.fr/emissions/les-picards-sont-formidables/picardie/les-picards-sont-formidables-du-mardi-27-octobre-2015

[30] Cf. Note 27.

[31]William Dumont, « Soirée pop Abbevilloise avec Noor et Edgär », Muzzart, 30 novembre 2015. Page consultée le 24/04/2017. Lien : http://www.muzzart.fr/lezine/live-report/soiree-pop-abbevilloise-avec-noor-et-edgar.html

Stemp Amiens, rubrique : notre coup de cœur,  Decembre-Janvier 2016, No 3.

[32] Cf. Note 27.

[33] Id.

[34] Ibid.

[35] Site officiel du Festival PicsArts. Page consultée le 30/04/2014. Lien : https://www.festival-picarts.com/photos-2016-19%C3%A8me/

[36] Cf. Note 27

[37] Id.

[38] Ibid.

[39] Ibid.

[40] Ibid.

[41] Site officiel d’Edgär : https://www.difymusic.com/edgar 

[42] Cf. Note 27.

[43] Id.

[44] Ibid.

[45] Ibid.

[46] Ibid.

[47] Lien vers le cours-métrage  Clown tueur, chèvres et apocalypse : https://www.youtube.com/watch?v=KefqBqnN6Jc&feature=youtu.be

[48] Cf. Note 27.

[49] Cf. Note 15.

[50] Cf. Note 1.

[51] Cf. Note 27.

[52] Id.

[53] Cf. Note 15.

[54] Id.

[55] Crédits de Persona.

[56] Cf. Note 16.

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