Critique musicale: Ibrahim Maalouf – 10 Ans De Live! (2016)

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Esquisse d’un parcours aussi riche que singulier

Ascendance et études : les années de formation

Tenter de  retracer la première décennie de carrière d’Ibrahim Maalouf permet de se pencher sur un parcours à la fois riche, singulier et pouvant, à bien des égards, paraitre atypique au néophyte. Se révèle avant tout un artiste aussi doué que prolifique, semblant, dans une moindre mesure, se jouer des conventions pour souvent se trouver là où personne ou presque ne s’attendrait à le trouver. Attitude lui ayant permis de s’imposer comme figure incontournable de l’actuelle scène Jazz, tant en France qu’à l’étranger. A moins de quarante ans et en une dizaine d’années seulement, l’homme compte aujourd’hui à son actif la publication de huit albums studios, plusieurs centaines de milliers d’exemplaires vendus, plus d’un millier de concert donné en France et dans le monde et a vu son travail de nombreuses fois récompensé, décrochant au fil des ans disques d’or, Victoires du Jazz, nomination aux Césars, breloques et autres Victoire de la Musique[1].

 

C’est à Beyrouth, le cinq novembre 1980, que né Ibrahim Maalouf. L’histoire veut que les bombardements d’alors retardent d’un bon mois la déclaration de naissance du nourrisson à l’état civil[2], le Liban étant à cette date engagé dans un conflit depuis cinq ans déjà. Cette guerre civile ne trouvant son épilogue qu’en fin d’année 1990[3]… Si sa venue au monde à lieu dans un pays en guerre, c’est dans l’hexagone qu’Ibrahim et sa sœur ainée grandiront, leurs parents prenant finalement la décision de quitter leur pays et la guerre civile le ravageant pour s’installer en banlieue parisienne. Ibrahim Maalouf aura cette chance de grandir dans un milieu au sein duquel art et culture se conjuguent pour y occuper une place prépondérante. Le jeune garçon est en effet fils de musiciens, Nassim, son père est trompettiste et Nada, sa mère, est pianiste. Son oncle Amin Maalouf est écrivain tandis que son grand-père Rushdi Maalouf s’est illustré en tant que poète, journaliste et musicologue[4]

C’est vers l’âge de sept ans, et sous la tutelle paternelle que le jeune Ibrahim débute l’apprentissage de la trompette. Il joue rapidement d’une trompette picolo[5] et d’une trompette microtonale (dite « à quarts de ton », comportant un piston supplémentaire)[6]. Sous l’égide de son pere, le garçon découvre et se confronte aux techniques de jeu classiques, aux répertoires classique, moderne, contemporain  et baroque tout en ne négligeant point l’art de l’improvisation ou la connaissance des musiques et modes musicaux arabes. Deux ans plus tard, à tout juste neuf ans, Ibrahim commence à tourner aux côtés de son père, accompagnant se derniers lors de concerts au Moyen-Orient ou en Europe. Ces prestations scéniques sont pour lui l’occasion d’éprouver certaines œuvres du répertoire baroque, exécutant des compositions dues à Albinoni, Purcell et autre Vivaldi[7]

Six ans plus tard les professionnels remarquent Le talent et les capacités du jeune musicien alors que celui-ci, accompagné ce jours-là par un orchestre de chambre, livre une interprétation de second concerto brandebourgeois de J.-S. Bach, pièce maitresse du répertoire de la trompette classique[8]. Ibrahim est alors âgé d’une quinzaine d’année. A dix-sept ans, Maalouf, élève au lycée Geoffroy-Saint-Hilaire d’Étampes, décroche un baccalauréat scientifique, spécialité mathématiques[9].

C’est à cette même époque, à la toute fin des années 90, qu’Ibrahim Maalouf commence à composer différentes œuvres pour des ensembles et formations de musique classique, Jazz , Rock , Pop, enchaînant ainsi, et dès ses débuts, les collaborations assez iconoclastes, diverses et variées.  Il s’aventurera même assez vite sur les plates-bandes du septième art.[10]

S’exprimant également dans un style bien plus profane, Ibrahim mets sur pied une première formation du nom de Farah. Un groupe de Jazz oriental au son combinant les apports d’instruments tels que : les percussions, le ney, la flute, le saxophone, la contrebasse, la guitare, le piano, le buzuq ou la trompette.  L’aventure Farah durera quelques années, ponctuées par de nombreux concerts et des tentatives d’enregistrement infructueuses. En effet, si des vidéos de concerts peuvent toujours être dénichées sur la toile, aucun album studio signé de cette formation ne verra le jour[11].

L’année 2000 voit Ibrahim Maalouf commencer à faire quelques rencontres, aussi significatives et déterminantes. Parmi celle-ci, citons en premiers lieu celle du violoncelliste Vincent Ségal ou celle du producteur Marc-Antoine Moreau[12]. Les quelques  années qui suivront seront, entre autres, ponctuées par quelques collaborations avec des artistes tels : le groupe Dupain, Amadou et Maryam, Disiz La Peste, Mathieu Chédid, Las Ondas Marteles, Vincent Delerm, Thomas Fersen, Enrico Macias, Arthur H, Jehanne Cheral ou encore Lhasa de Sela[13]. Audacieux, Le musicien semble ne rien s’interdire, explorant tant les contrées classiques ou Jazz que celle de la Pop, du Rock, de la Chanson ou même de la variété. Tant d’expériences différentes lui permettant de se frotter à de nombreux styles, de s’aguerrir, et, à terme, de se forger sa propre matrice musicale, difficilement descriptive ou « classable »,  quelque part entre Jazz, Pop, Rock, Chanson, Musique arabes ou variété.

En 2002, tirant un trait sur de possibles études d’architecture, Ibrahim s’engage pleinement dans des études musicales. Le concours d’entrée au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris passé, il intègre pour deux ans le cours de Gérard Boulanger. Une première étape de formation conclue par l’obtention d’un premier prix de trompette et d’un premier prix de musique de chambre. La poursuite d’étude se fera ensuite au Conservatoire National Supérieur De Musique Et De Danse De Paris, où, trois ans durant, il suivra les cours d’Antoine Curé notamment.

Les années d’apprentissage académique au sens strict sont l’occasion pour Ibrahim de suivre cours de trompette classique et de Jazz sans négliger son travail de musicien autodidacte. Sa formation de musicien de Jazz s’étant principalement construite au gré de ses diverses expériences en groupes, jouant également sur les scènes de différents clubs de Jazz dans la capitale, son propre son étant toujours en gestation…

Ainsi, toujours à la recherche du son qu’il veut sien et manifestement désireux d’arborer la palette musicale la plus large et riche possible, le jeune homme va en quelques années se présenter et être lauréat de bon nombre de concours  connus et reconnus. Entre 1999 et 2003, Maalouf sera lauréat de quinze concours nationaux et internationaux. Parmi ceux-ci retenons : le 1er prix du concours International de trompette de Hongrie à Pilisvörösvár en 2001, le 1er prix du National Trumpet Competition, toujours en 2001  ou encore  le 2e prix au Concours International de la ville de Paris Maurice-André en 2003.[14]

En 2003 l’aventure Farah, débutée en 1999, prend fin. Ses études terminées, Ibrahim Maalouf est titulaire d’un Diplôme d’Etudes Supérieures Musicales.

Carrière professionnelle : entre enseignement et composition

La carrière d’enseignant d’Ibrahim Maalouf est marquée par un passage de six ans au sein du Conservatoire à Rayonnement Régional d’Aubervilliers-La Courneuve où, prenant la suite d’André Presles, il enseigne la trompette à partir de 2006, tout en donnant concerts, conférence et master classe en France et à l’étranger. Il met ensuite sur pied un jumelage entre son établissement et l’Université d’État du Kansas aux Etats-Unis, ce qui lui donne notamment l’opportunité de se rendre sur place pour y donner master classes et récitals ainsi que de représenter la France lors de International Trumpet Guild, conférence réunissant chaque années des trompettistes du monde entier.[15]

 Il démissionnera finalement de son poste de professeur en 2013, motivant sa décision par le ressenti d’un profond décalage entre sa vision de l’enseignement de la musique classique et celle choisie par ses supérieurs. Quelques mois plus tard il crée, au sein du Pôle Supérieur d’Enseignement de Paris – Boulogne , une classe d’improvisation qu’il destine exclusivement aux étudiants de musique classique, Maalouf souhaitant accordée une place prépondérante à celle-ci, tant dans sa tâche d’enseignement que dans son travail de composition personnel[16].

L’année 2006 marquera un premier tournant dans la jeune carrière du musicien. En effet, après plusieurs essais infructueux et nombres d’échecs dans ses tentatives de séduction de différents labels discographiques, Ibrahim rencontrera cette année-là Alejandra Norambuena Skira, qui dirige le Fonds d’Action SACEM depuis 1987 et qui a entre autres dirigé quatre ans durant le Fonds Culturel Franco-Américain de cette même SACEM[17]. Au micro d’Europe 1, à l’occasion d’un numéro de Campus dédié au musicien, et revenant sur leur première rencontre, Alejandra confiera :

 « On ne se connaissait pas du tout, on avait une amie en commun. Je lui demande ce qu’il fait, il me dit je suis musicien, je suis trompettiste. J’ai demandé si je pouvais écouter. Je me souviens très bien et il a sorti un disc-man, et me fait écouter. C’était, je crois, le premier ou deuxième morceau de Diaspora…Enfin je ne sais plus bien mais je me suis mise à pleurer voilà. Je l’ai regardé et je lui ai dit : si toi je n’arrive pas à t’emmener sur les étoiles, je change de métier ! Je me suis rendu compte plus tard… J’ai eu un choc musical, après, je me suis demandé pourquoi. Il représentait une concentration…Il a côtoyé les chefs-d ‘œuvres en faisant de la musique classique et ça,  ça vous structure un esprit, une personne. De tout ce savoir, il a fait sa propre pâte.  Je trouve ça extraordinaire. Elle est extrêmement sophistiquée la musique qu’il fait ! Sous ses cotés extrêmement simples, c’est une grande sophistication et ça, ça me bouleverse ! C’est ce qui parait le plus simple qui parfois et le plus difficile à produire … »[18]

Complétant le propos, Ibrahim Maalouf ajoute :

« Quand Alejandra a écouté et qu’elle a été émue, elle m’a tout de suite demandé : c’est quoi ton rêve ? j’ai répondu : vivre de ma musique. Et elle m’a répondu : si toi tu n’arrives pas à vivre de ta musique, je ne vois pas qui pourrais ! Voilà, c’est parti comme ça ! »[19]

 Séduite par sa musique, cette derrière présentera Ibrahim Maalouf au producteur Jean-Louis Perrier.[20]  Celui-cidéclarant au sujet de débuts de sa collaboration avec Maalouf :

« Alejandra m’a d’abord parlé d’une trompette à quatre pistons… Je savais que cela existait mais je n’avais jamais rencontré de musicien en jouant. J’ai pensé à une trompette piccolo. J’ai dit tout de suite que je voulais bien le rencontré et le rendez-vous été pris pour la semaine suivante. Quelques temps après et d’une de travailler ensemble et d’une de programmer ce concert au New Morning ! »[21]

Jouer en leader de son propre groupe et l’un des tous  premiers défis a relevés et première étape d’une stratégie savamment pensée et appliquée par les deux hommes. Une stratégie s’avérant au final aussi osée que payante. Revenant sur cet évènement, Jean-Louis Perrier déclarera :

«  Avec Ibrahim, on voulait mettre la barre tout de suite un peu haut, ne pas passer par le circuit habituel des petits clubs de Jazz et tout ça…  Il m’a semblé que c’était assez exceptionnel pour ce dire : allez, on va aller jouer dans un des temples du Jazz parisien. La suite nous a prouvé que nous avions raison ! »[22]

Si son manager semblait des plus enthousiastes à cette perspective, Ibrahim, lui, exprimait manifestement quelques réserves sur sa capacité à remplir cette salle à l’époque. En effet, il déclare :

«  Quand ils m’ont parlé du New Morning, je leurs ai dit : vous êtes fous, personne ne me connais ! Personne ne va venir ! Il faut savoir un truc, c’est que quand Alejandra et Jean-Louis ont projetés ce concert, j’ai tellement flippé que les deux semaines qui ont précédées le concert, en pleine hiver, j’étais congelé et je passais les nuits à mettre des tracts sur les parebrises des voitures. Pendant deux semaines, j’ai fait ça toutes les nuits. Je n’y croyais pas ! Je me souviens vraiment de ce concert plein, blindé à craquer…. 80% de la salle, c’était ma famille et mes amis !

On me disait : On a réussi ! Tu vois, les gens sont venus et ont découvert ta musique ! J’ai répondu que je connaissais tous ceux qui étaient là ! Ça a commencé comme ça ! »[23]

Au soir du 12 février 2006, donc, Ibrahim Maalouf et son groupe prennent possession de la scène du New Morning pour un concert parrainé par Mathieu Chédid et introduisant définitivement le jeune trompettiste sur les scènes Jazz parisienne et française[24].

L’artiste s’étant pour de bon fait remarqué, plusieurs labels sont à nouveau approchés avec cette fois pour projet de voir finalement publié un premier opus. Ibrahim Maalouf et son équipe trouvent portes closes, le Jazz instrumental et singulier proposé par le jeune homme n’étant pas de nature à convaincre des maisons de disques plus que frileuses. Devant l’impasse, Jean-Louis Perrier et son protégé prendront la décision de tout assumer eux-mêmes et de produire ce qui sera le premier album studio d’Ibrahim Maalouf. Pour ce faire, les deux hommes fondent le label Mi’ster Productions en 2006. Sur Mi’ster Productions paraitra dés- lors l’ensemble du catalogue de l’artiste : albums studio, enregistrements en public, bandes originales de films et collaborations ou productions diverses, avec ou pour d’autres artistes. Ainsi, dès ses débuts l’homme se montre très entreprenant et avisé,  assumant et profitant en cela d’une pleine liberté artistique.[25] Et la première concrétisation de cette liberté artistique acquise est rendu disponible le 10 octobre 2007, jour de la sortie de Diasporas, son  premier album. La machine est en branle et n’est dès lors pas prête de s’arrêter… 

 

 

Évoquant cette première parution discographique, son comparse Vincent Ségal se souvient :

« Ibrahim est le roi du business ! Je lui disais qu’il était fou de produire son disque ! Tu es musicien, pas homme d’affaires ! Il m’a rétorqué que, justement, il avait envie de tout gérer. [Je lui disais] arrête de le donner à tout le monde, tu ne vas jamais gagner d’argent. Il m’a répondu : t’inquiète, je sais ce que je fais… Et il en a vendu dix mille ! »[26]

Diasporas fut entièrement composé, réalisé et produit par Ibrahim Maalouf , secondé pour l’occasion de François Lalonde et d’Alex MacMahon[27] dans des lieux aussi différents que Montréal, New York, Beyrouth ou Paris et permettra au trompettiste de prendre part à sa première tournée en solo[28].

Toujours très actif, il faudra moins de deux ans à Maalouf pour proposer une suite à ce premier album, Diachronism arrivant dans les bacs le 20 septembre 2009. Cet opus semble être celui du refus du compromis, de la dualité et de l’ambition affirmés. Ambitieux, cet album l’est à coup sûr dans son format  de double album, chose assez peu courante dans une carrière encore naissante. Cet album, Ibrahim l’a façonné à tous les niveaux, et l’assume  en tant que  compositeur, arrangeur, réalisateur et producteur. Il a de plus fait place à quelques artistes de renom et d’horizons très divers. En effet ce côtoient sur cette double galette des artistes comme Adnan Joubran, Matthieu Chedid ou Jacky Terrasson[29]. Diachronism, album de « recherche », est présenté comme suit :

« […] Ce second album était la suite logique du premier. Une évolution en forme de question. « Dois-je évoluer forcément dans une direction artistique claire : Orientale, ou Occidentale ? Suis-je contraint de par mes origines de me réfugier dans la facilité de l’exotisme ? » Ibrahim pose cette question à travers un procédé étonnant. 2 CD dans le même album. L’un « DISORIENTAL » et l’autre « PARADOXIDENTAL », et tous deux traitent la même interrogation sous deux angles bien distincts. Le premier est le regard de l’oriental sur le métissage avec l’occident. L’autre est le regard de l’occidental sur le métissage avec l’orient. Cet album est selon Ibrahim un travail de recherche. Loin d’être un aboutissement, il est inscrit dans une démarche thérapeutique artistique et intime. »[30]

C’est avec Diachronism qu’Ibrahim décroche une première Victoire Du Jazz, l’année suivant la parution de l’album, étant récompensé en 2010 dans la catégorie « Révélation instrumentale de l’année »[31]. Les récompenses arrivent, les critiques commencent à pleuvoir, elles aussi[32]… 

 

Le 26 octobre 2010 est publié Diagnotic, troisième et dernier volet de ce qui aujourd’hui est connu sous le nom générique de « trilogie Dia ». Ce disque se veut l’aboutissement du travail accompli par l’artiste depuis 2005 et  le début de sa carrière en solo. Cet album fut achevé et compilé trois semaines tout justes avant la sortie de Diasporas en 2007 et est aujourd’hui encore considéré comme la véritable carte de visite de son auteur. Se côtoient en effet sur cet opus l’ensemble des matrices créatrices d’Ibrahim Maalouf : musique cinématographique, Jazz, Musique Classique, Electro, Rock, Hard-Rock, Musique latines ou balkaniques, pour ne citer qu’elles[33]. L’opus est composé, arrangé, réalisé et produit par Maalouf lui-même, des artistes tels : Oxmo Puccino, Jasser Haj Youssef, Sarah Nemtanu, Piers Faccini, Jasko Ramis ou Zalindê y apportant également leur contribution[34]. L’album est un succès et intègre les meilleures ventes Jazz en France, faisant du musicien d’origine libanaise l’instrumentiste le mieux vendu en France entre 2011 et 2012. La presse est elle aussi de la partie,  encensant le travail réalisé ici[35].

 

 

L’année suivante, le travail et l’investissement grandissant du jazzman sont une nouvelle fois récompensés et mis en valeur, celui-ci recevant, lors d’une cérémonie organisée au Siège de l’UNESCO, le titre de « Jeune artiste œuvrant pour le dialogue interculturel entre les mondes arabe et occidental », le 13 avril 2011[36].

Ne semblant jamais vouloir s’arrêter, l’hyperactif nous revient à peine plus d’un an après, avec sous le bras Wind, son quatrième effort discographique, entièrement dédié à l’un des trompettistes les plus célèbres au monde : l’américain Miles Davis. Mais Maalouf, ne se contentant nullement d’un hommage musical des plus «  directs et convenus », et ce malgré son succès grandissant, opte intelligemment pour la prise de risque, encrant volontairement sa démarche artistique à la suite à la suite de celle de Davis. La trompette de Miles Davis avait sublimé les images tournées par Louis Malle pour le film de 1957 Ascenseur Pour l’Echafaud, plus d’un demi-siècle plus tard celle d’Ibrahim parera celles de La Proie Du Vent, film muet de  René Clair sorti en 1927. Ce sera pour Ibrahim Maalouf l’occasion de véritablement transcrire musicalement atmosphères et émotions. Un projet initié par la Cinémathèque Française dès 2011 qui n’a, à sa sortie, pas laissé la presse insensible. En effet, dans une critique consacrée à Wind, le journaliste et critique de cinéma Serge Toubiana écrira :

« En se pliant à cette contrainte de respecter le rythme de La Proie du vent, Ibrahim Maalouf fait œuvre de liberté. On sent à écouter sa musique le plaisir qu’il a de s’échapper, de faire l’école buissonnière, d’ajouter une tonalité orientale au film, comme pour accompagner plus loin encore les images de René Clair, vers des contrées inconnues. Ibrahim Maalouf n’a pas peur d’être tantôt mélancolique, tantôt gai et rapide, bref d’être moderne. Et c’est cette modernité musicale qui redonne du souffle à La Proie Du Vent »[37].

Tandis qu’une critique du disque parue sur le site web de la Radio FIP conclue :

Il [Ibrahim Maalouf] compose, invite le pianiste Frank Woeste (aussi aux arrangements) puis part enregistrer à New York avec la fine fleur de la scène New-Yorkaise actuelle : le contrebassiste Larry Grenadier, le batteur Clarence Penn et le saxophoniste Mark Turner. Tout au long de ces 12 scènes le quintet sublime les inspirations mélancoliques, sensuelles et mystérieuses de ce jazz unique aux sonorités orientales. Plus qu’un hommage à Miles, « Wind » est une vraie claque sonore, musicale et émotionnelle. Un bijou enregistré en une prise au cours d’une seule demi-journée de studio. »[38]

 

Cette collaboration saluée avec quelques grands noms de Jazz américain permettra entre autres au trompettiste de se faire connaitre plus encore et jouer outre-Atlantique. Le cinq novembre 2013, soit un an jour pour jour, ou presque, après la parution de Wind, Maalouf revient avec une double actualité, ce cinq novembre marquant l’arrivée dans les bacs de deux produits distincts. Le premier est baptisé Dia, un coffret réunissant Diasporas, Diachronism et Diagnostic, ses trois premiers opus, coffret qui, à ce jour, s’est écoulé à quelques quatre-vingt mille exemplaires. Le second se nomme lui Illusions et est la cinquième galette longue durée proposée par le franco-libanais.

Comme à son habitude, pour ce cinquième album, l’artiste revêt toutes les casquettes. Il compose, réalise, arrange et produit  Illusions, un album que le musicien présente ainsi à ses auditeurs :

« L’envie de traiter le thème de l’illusion m’est apparue dès ma première désillusion. Enfant, je rêvais d’un monde où les êtres humains pouvaient se parler sans crier, dialoguer sans se faire de mal et construire ensemble sans chercher à détruire ce qui leur semble ne pas convenir chez l’autre. J’ai donc vite compris que le monde ne tournait pas dans le même sens pour tout le monde. En grandissant j’ai saisi que nous étions capables de parler des mêmes sujets, d’être en accord les uns avec les autres dans de nombreux domaines, sans pour autant avoir la même perception des choses. Et parfois, à contrario, il pouvait y avoir de profonds désaccords alors que l’essentiel des idées étaient communes. Les magiciens par exemple sont extrêmement doués pour nous faire visualiser cet antagonisme en faisant passer notre désir pour une réalité. Nous savons qu’ils « trichent » et pourtant, nous continuons d’y croire en faisant abstraction du subterfuge car nous apprécions le spectacle. Cette magie dans mon petit monde intérieur se matérialise par la musique. Comment partager le regard que je porte sur le monde avec les gens qui m’entourent ? J’ai la sensation que la musique peut répondre à cette question. Et j’ai voulu que cet album soit festif et plein d’énergie positive pour qu’entre le sujet traité, qui en l’occurrence est assez sérieux, et la musique que l’on écoute, il y ait une vraie différence, de manière à bien comprendre cette notion de perception et ainsi réduire cette distorsion entre les différents regards que l’on pose sur les choses. En ce qui me concerne, par exemple, lorsque je vis un moment heureux, c’est souvent à cet instant que mes pensées sont les plus nostalgiques et à l’inverse, lorsque je vis des moments complexes et tristes, mon âme, pour se protéger et par instinct de survie, me pousse à danser et faire la fête pour ne pas sombrer. Cet album commence avec le point de vue le plus dramatique des choses : le cynisme. Il évolue ensuite lentement vers la lumière et l’espoir. »[39]

 

 

Illusions est globalement bien reçu par un public aussi large qu’hétéroclite, le mélange opéré entre Jazz et Pop-Rock, des plus calibré et, il est vrai,  « mainstream »,  séduisant habilement et aisément l’auditeur, amateur de Jazz ou non. Les morceaux instrumentaux aux effluves Jazz plaisent, pareillement à des chansons. Elles plaisent et débéquètent nombre de musiciens de Jazz… Les critiques, souvent aussi acerbes que gratuites, allant de paire avec le succè public rencontré au fil des années par Ibrahim Maalourf …

Revenant sur le succès grandissant rencontré par le trompettiste, Jonathan Duclos-Arkilovitch, Directeur Artistique des Victoires du Jazz, déclare :

« Le jazz a un rapport ambigu au succès. Un artiste qui réussit est aussitôt accusé d’avoir vendu son âme au diable. Mais on a besoin de locomotives médiatiques comme ­Ibrahim Maalouf : en France, personne d’autre n’est capable de fédérer autant de publics différents. »[40]

Un succès non négligeable que ses paires salueront malgré tout en lui attribuant cette année-là la récompense de l’artiste de l’année lors de la cérémonie des Victoires du Jazz[41]. Désireux de dépasser frontières et chapelles,  Ibrahim prendra l’initiative de candidater au Victoires de la Musique avec  Illusions l’année suivant sa sortie. C’est ainsi qu’au soir du 14 février 2014, lors de cette cérémonie retransmise en direct sur le service public, Ibrahim Maalouf reçoit pour son cinquième opus la « Victoire de l’album de musiques traditionnelles ou de musiques du monde ». Cette attribution constituant une première dans l’histoire des Victoires de la Musique, un disque de Jazz exclusivement instrumental se voyant récompensé[42]. Le grand public (3 millions de téléspectateurs devant leurs écrans parait-il ce soir-là)  peut également apprécier en direct l’interprétation qu’il livre à cette occasion de son morceau True Story. L’audace du trompettiste se sera avérée payante. Revenant sur « l’après Victoires De La Musique » Jean-Louis Perrier confiera :

« L’effet a été immédiat, avec deux mille téléchargements de l’album dans la nuit.[43] »

Toujours en 2014, et toujours au rayon breloques et autres récompenses, la Sacem lui décerne le « grand prix Sacem du Jazz » et est fait chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.[44]

Ne pouvant ou ne sachant s’arrêter, Ibrahim mettra moins d’un an à nous proposer du neuf. Il est en effet de retour dans les bacs dès le mois de novembre 2014, époque où il nous propose de découvrir le célèbre conte de Lewis Carroll, Alice Au Pays Des Merveilles, à travers une relecture à la croisée des chemins entre Littérature, Musique et plus particulièrement Jazz et Rap, le disque , sobrement nommé Au Pays d’Alice, étant réalisé avec le concours de son ami Oxmo Puccino, artiste tout aussi anticonformiste et populaire que lui, qui signe l’intégralité des textes proposés tout au long des quinze titres de l’album. Quinze chapitres, qu’Ibrahim Maalouf nous présente ainsi :

“ Je propose de suivre l’histoire en musique de manière chronologique. J’ai demandé à Oxmo Puccino, un artiste qui a une vision moderne et actuelle de la littérature, de choisir les éléments les plus marquants de chaque chapitre, afin de les valoriser et de leur donner vie le temps d’une chanson. Cette adaptation est accompagnée par un orchestre d’étudiants de l’Orchestre du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris Pole supérieur Boulogne, de la maitrise de Radio France et une partie des fidèles musiciens de mon groupe (Guitare, Batterie, Basse, Claviers). Le récit de Lewis Caroll est une ode à l’irrationnel et à l’absurde. J’ai donc eu envie de me diriger vers un univers qui se tient mais qui fonctionne également selon une « non-logique » des choses. Oxmo Puccino est le candidat idéal pour ce genre d’exercice. Ses albums construits comme des histoires passionnantes laissent présager du résultat de son regard sur cette œuvre mondialement reprise. Je pense que la chanson, ici en l’occurrence accompagnée par le Rap est un mode qui permet d’être en symbiose avec cette démarche. Face à cette voix, la trompette que je joue, et qui permet de passer du jazz au classique et à la musique arabe, est un vecteur d’écriture qui m’amène de plus en plus souvent aujourd’hui à l’utiliser comme un catalyseur de styles et d’environnements. Avec l’orchestre et les chœurs, la dimension de ce projet donne l’opportunité à un musicien actuel et métissé comme moi venant des cultures arabes et occidentales, ainsi qu’un auteur moderne, chanteur de rap et d’origine africaine et française, de construire l’ossature d’un vrai opéra moderne et multiculturel. ”[45]

Un disque au contenu assez riche, fort appréciable,  dont l’originalité se doit d’être soulignée.

 

 

L’année 2015 fut particulièrement riche et chargée pour Ibrahim : début janvier, le 15, il est présent et joue lors des obsèques du dessinateur Bernard Verlhac, dit Tignous, victime de l’attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo perpétré une semaine plus tôt. Au début du mois de février, il est à l’initiative d’une improvisation géante, organisée lors du salon « Musicora ».  Se faisant, il souhaite attirer les regards vers cette pratique qui n’existe plus dans le système d’éducation musicale européen[46].

Le 25 septembre il déboule une fois encore dans les bacs avec une double actualité, avec deux albums différents se voulant pareillement hommage à la gente féminine. Le premier, Kalthoum, fut enregistré avec la même équipe de musiciens ayant élaboré  Wind, le précèdent disque hommage d’Ibrahim sorti quatre ans plus tôt. Kalthoum renferme sept morceaux célébrant l’œuvre de la chanteuse, musicienne et actrice du même nom, que beaucoup considéré comme la plus grande chanteuse du monde arabe[47]. Un travail que l’artiste présente comme suit :

« Kalthoum » est une célébration des femmes qui ont bouleversé le cours de l’histoire et dont l’influence artistique a eu un impact jusque dans nos vies actuelles. J’ai donc choisi une figure emblématique, véritable monument de l’histoire du peuple arabe, et qui est par ailleurs la voix que j’ai le plus écoutée depuis ma toute petite enfance : Oum Kalthoum. Avec le pianiste Frank Woeste nous avons « traduit » dans un jazz assez conventionnel, mais nous l’espérons innovant de par son métissage, l’un des plus grands succès de la diva égyptienne : « Alf Leila Wa Leila » (« Les Mille et une Nuits »). Cette chanson de 1969 composée par Baligh Hamidi est une suite d’environ une heure (comme souvent à cette époque), avec un refrain de 3 minutes et des couplets allant de 5 à 25 minutes. L’improvisation, dans la version originale comme dans cette version-ci, tient une place importante, mais cette suite est surtout une succession de tableaux dont la mise en scène fût passionnante à retranscrire. Enregistré et mixé à New York avec la même équipe que l’album « Wind » (2011) qui était également un hommage (à Miles Davis), c’est en toute logique que j’ai envisagé « Kalthoum » comme une continuité de cette belle aventure discographique avec Larry Grenadier (Contrebasse), Clarence Penn (Batterie), Mark Turner (Saxophone) et Frank Woeste (piano) ».[48]

 

 

Red & Black Light, l’autre opus,  se veut lui encré dans une veine bien plus mainstream, Pop et actuelle. Une collection de titres délivrée pour charmer les oreilles, toutes les oreilles sans exception aucune, ou presque. Une démarche de séduction revendiquée et pleinement assumée par son auteur, celui-ci ne régnant pas un investissement créatif réel. Ainsi, évoquant son huitième opus, il déclare :

« Red & Black Light» est une ode à la femme d’aujourd’hui et à son rôle fondateur et fondamental pour espérer un avenir meilleur. Les femmes de ma famille ont eu, et ont encore aujourd’hui, une influence incommensurable sur tout mon travail musical. Notamment parce qu’elles m’inspirent considérablement dans leur façon de gérer leur quotidien et celui de leur entourage. Malgré des vies en labyrinthes, complexes et souvent dramatiques, elles portent en elles une force et une stabilité similaires à une forme de transe inébranlable. Elles me donnent l’impression de ne jamais perdre de vue ce qui est essentiel. Axé sur une esthétique plus actuelle, plus électro, voire pop, cet album est constitué de mes compositions ainsi que d’une reprise de la diva d’aujourd’hui Beyonce. Bien qu’étant particulièrement complexes dans leur écriture (avec des polyrythmies en 19, 17 ou 27 temps par exemple), nous avons arrangé ces musiques (avec les 3 musiciens qui m’entourent), de manière à ce que jamais le poids de l’écriture ne se fasse entendre. Nous avons donc contourné le piège de l’élitisme et de l’écriture scientifique pour élaborer un album transparent et limpide, sur lequel le public peut même danser ou chanter, mais qui regorge néanmoins d’une multitude de superpositions insoupçonnées de thèmes, d’harmonies et de rythmes, que seule une lecture mathématique de l’album pourrait trahir. Enregistré à Ivry sur seine (France) avec Eric Legnini (Claviers), François Delporte (Guitare) et Stephane Galland (Batterie), cet album est avant tout une envie de dessiner l’importance et la nécessaire complexité des choses et des personnes essentielles »[49]

 

 

De charme, la musique composée par Ibrahim  Maalouf n’en manque point. Celui-ci en étant pleinement conscient, il n’hésite pas à mettre en place la stratégie nécessaire pour atteindre son objectif : imposer ses effluves Jazz empreintes de joliesse (et réellement jolies, touchantes même, souvent) au grand public, le succès précédemment rencontré par Illusions, l’ayant placé sur de bons rails, pour une telle entreprise. Rien d’étonnant donc à le voir s’acoquiner avec Muzicast, à voir ses compositions retouchées par quelques DJs, les entendre sur les radios de type généraliste ou de voir Impulse en charge de la distribution de sa musique à l’échelle internationale[50]

 Ibrahim Maalouf est désormais partout…Même dans les fichiers d’une vénérable institution comme Interpol, un contrôle de police l’ayant apparemment révélé « Interpol positif »[51]

Le 20 novembre 2015, il est une nouvelle fois décoré et reçoit cette fois le titre de chevalier de l’Ordre Du Mérite

 Les deux disques disponibles, Ibrahim proposera un concert hommage à la chanteuse Oum Kalthoum avec le concours de la Philharmonie de Paris avant de s’embarquer dans deux tournées différentes, une pour chacun des deux albums sorti. Près de 140 dates concerts seront donnés, entre France, Etats-Unis, Royaume-Uni, l’Egypte ou la Turquie, cette longue trotte à travers le monde ne trouvant son épilogue qu’un soir de décembre 2016[52].

Quelques temps avant de laisser derrière lui cette double tournée et son périple international, et sur invitation du chanteur anglais Sting, il prend part au soir du  12 novembre 2016 au concert de réouverture du Bataclan, théâtre d’un massacre, un an plus tôt[53].

Ibé, le ciné…et les autres.

En l’espace de dix ans, depuis ses début en 2006, Ibrahim Maalouf nous aura donc gratifié de huit albums studios sorti sous son seul nom, mais pas que. En effet, l’infatigable travailleur qu’il est aura su distiller les effluves de sa trompette à quatre pistons sur nombre de disques, tous très divers, qu’il fut impliqué en tant que compositeur, arrangeur, producteur ou « simple » interprète sur chacun de ces divers projets.

Ainsi, en 2013, Ibrahim Maalouf compose  pour l’album Funambule de Grand Corps Malade, et le réalise entièrement. Il réalise et produit ensuite l’album Something Came With The Sun de la chanteuse-improvisatrice suédoise Isabel Sörling qu’il fait ensuite paraitre sur son label Mi’Ster Productions[54].

Ibrahim a notamment beaucoup œuvré pour le septième Art. Depuis ces premiers pas réalisés en 2011 avec la mise en musique du film La Proie Du Vent de René Char, le musicien franco-libanais s’est distingué en composant l’intégralité de la bande originale du film Yves Saint Laurent de Jalil Lespert sorti en 2014. Un travail salué par l’obtention du César de la meilleure musique de film l’année suivante[55].

Toujours en 2014, Maalouf signe les bandes originales des longs métrages suivants : La Crème de la Crème de Kim Chapiron et  Red Rose de Sepideh Farsi. Deux ans plus Maalouf parera de sa musique les films La Vache de Mohamed Hamidi, Dans les Forêts de Sibérie de Safy Nebbou  ( qui tout récemment vient de recevoir Prix Lumières de la meilleure musique de film)  et enfin Je vous souhaite d’être follement aimée d’Ounie Lecomte.

En qualité d’interprète, Ibrahim porte son concours à la réalisation de deux bandes originales de film signés Yann Arthus-Bertrand : Home et Human, respectivement dévoilés en 2009 et 2015[56]. Le cinéma, lui aussi, a succombé au charme de la musique d’Ibrahim Maalouf…

 Plus récemment, il compose Myriad Road  pour Natacha Atlas, sorti en novembre 2015. L’an dernier il est impliqué sur le projet Pocket Rhapsodie  du pianiste allemand Frank Woeste[57].

Ce début d’année 2017 est entre autres marqué par l’obtention d’une nouvelle Victoire De La Musique. Ibrahim étant lauréat dans la catégorie  du meilleur spectacle musical, tournée ou concert pour sa tournée Red & Black Light et l’obtention du César  de la meilleure musique originale pour la bande originale du film Dans les Forêts de Sibérie[58].

10 ans de Live ! : Ibé superstar !

C’est le sept octobre dernier, soit un peu plus de deux mois avant le clap de fin de sa tournée Red & Black Light et le concert anniversaire prévu à l’AccorHotels Arena (Bercy pour les intimes) à la mi-décembre 2016, qu’Ibrahim publie 1 0 Ans De Live !, son  neuvième opus et, comme son nom l’indique, premier album enregistré en public signé de son nom. Plus qu’un simple album, 10 Ans De Live ! et proposé et décliné sous de multiples formats, tant physiques que numériques au contenu relativement riche et exhaustif. 10 Ans De Live ! Se révèle de fait être une compilation de morceaux choisis, quelques-uns des meilleurs moments ayant émaillés la décennie que le jeune jazzman à  consacré à la scène et constituant de quoi marquer à nouveau et durablement les esprits, tout en offrant la possibilité aux très nombreux amateurs de sa musique de conserver une trace tangible et durable de ses prestations scéniques. Sur ce projet, l’artiste révèle :

« Cela fait des années que tout le monde me demande quand je vais sortir un DVD de live, et je réponds toujours « ça arrive, ça arrive patience ». Et bien je suis heureux de vous annoncer que nous allons enfin sortir un énorme coffret pour fêter nos 10 ans de Live ! »

  Dans ce projet il y a plus de 10 morceaux inédits qui ne sont jamais sortis dans mes albums, et qu’on joue depuis des années sur scène. Je pense à Quabu, ce morceau avec le biniou de Younn (cornemuse bretonne), ou encore Jamal, un morceau composé par ma sœur Layla dans lequel à Marciac un jeune du public s’est mis à jouer avec nous spontanément en plein milieu du morceau !! Je pense aussi à des versions incroyables de True Story, avec des musiciens venus de partout !! Je pense à La Javanaise avec Juliette Gréco, un moment magique à l’Olympia. Et tant de moments de bonheur absolu »[59]

Des moments de bonheur absolu donc et une décennie des plus remplies dont le point d’orgue fut ce désormais célèbre concert du 14 décembre 2016 à Bercy. Ce soir-là, Maalouf et son groupe investirent la scène de la plus grande salle de concerts et de spectacles française pour une prestation à guichets fermés. Un événement historique ou presque, peu de musiciens de Jazz proposant une musique instrumentale ayant réussi le tour de force de remplir une telle salle. Seul Miles Davis y est parvenu, un soir de 1984, alors qu’il se produisait en compagnie de musiciens tels que Bobby McFerrin et Gil Evans…[60]

Revenant sur la grand-messe de l’AccorHotels Arena et la programmation d’une telle soirée, Le patron de la station TSF Jazz Sébastien Vidal déclarera :

« Bercy représente la suite logique d’un développement parfaitement maîtrisé : Ibe sait ce qu’il veut et a toujours été cohérent avec ça »[61]

Tenant des propos du même acabit, Arnaud Weil, l’ancien régisseur de spectacles d’Ibrahim Maalouf, déclare :

« Il a toujours visé l’efficacité. Tourner avec des artistes de variété lui a tout appris : des shows calibrés, dans la forme et la durée, et des moments de liberté encadrés, ce qui n’est pas dans la culture du jazz. »[62]

Une efficacité certaine, parfaitement mise en lumière par le contenu de ce nouvel opus, sur lequel nous allons désormais nous pencher.

L’édition simple de cette compilation renferme un ensemble de neuf titres, dont cinq provenant d’un même concert donné au Zénith de Nantes l’an dernier, donnant du mêmes coup toute son homogénéité à cette galette. Le contenu résulte certes  d’une compilation mais n’est point disparate, ce qui est fortement appréciable. Les quatre autres pièces proviennent elles de captations réalisées à l’Olympia et Istanbul en 2014 et 2013.

Ce disque live propose une production quasiment irréprochable, parfaitement équilibrée, non dépourvue de finesse et ou rien ne semble avoir était négligé, fruit d’un travail que l’on peut imaginer assez long et bien pensé. L’utilisation d’overdubs n’impactant en rien le plaisir d’écoute. Tout élément semble ici calibré, peaufiné sans toutefois se départir d’une authenticité certaine, donnant  ainsi à chacun de ces morceaux un « supplément d’âme », les rendant de fait bien plus appréciables encore que leur version studio qui elles peuvent dégager comme une impression, même légère, de froideur lors de l’écoute des divers opus. Un travail ne rendant l’écoute que plus agréable.

La compilation s’ouvre sur le titre Red & Black Light, dont le thème principal est d’abord joué avec douceur par Ibrahim Maalouf au piano, avant que celui-ci ne commence à le fredonner. A sa demande, le trompettiste sera ensuite accompagné par l’ensemble du public reprenant le thème en chœur et non sans entrain. Maalouf se confira ensuite sur l’origine de cette mélodie accrocheuse, qui fait la part belle aux guitares et autres claviers et révèlera la forte symbolique que revêt celle-ci à ses yeux avant que celle-ci ne soit jouer par l’ensemble du groupe et chantée par un public toujours aussi réactif et manifestement conquis. La trompette se fera entendre au milieu de cette exécution qui connait un final assez dantesque et digne d’une pièce du répertoire Pop-Rock. Un beau moment de synergie pour une entame plus que réussie.

De doucereux accords de piano signalent l’entame de La Javanaise, le morceau suivant. Les notes de piano sont couvertes par les acclamations du public au moment où Juliette Gréco entre en scène et commence son interprétation de ce classique de la Chanson de sa voix grave.  L’arrangement du morceau est réussi, plutôt sobre et de bon gout, mettant ainsi parfaitement en valeur la voix immédiatement reconnaissable de la dame en noir. Le trompettiste accompagnant cette dernière de son instrument, comme pour un duo chanté.  La fin du morceau voit l’intervention d’une chorale de jeunes chanteurs, ce qui assure un contraste générationnel sympathique et du plus bel effet.

Will Soon Be A Woman arrive ensuite et se signale par une introduction de basse et clavier. La trompette, au son en sourdine manifestement, délivre le thème de la composition, immédiatement repris par l’assistance, avant que la batterie n’imprime bien plus de rythme à l’ensemble. Sur la seconde moitié du titre, le phrasé d’Ibrahim se fait des plus expressifs, tout juste contrasté par le son cristallin d’une flute.

Nomad  Slang, le titre suivant, arrive ensuite. Un titre qui se signale par une bonne ligne de basse jouée en introduction, soutenue par un gimmick de percussion imprimant à cette composition un rythme mid-tempo sur lequel vient se caler la trompette d’Ibrahim Maalouf qui en profite pour délivrer un thème assez enjoué et joliment mit en valeur. Le clavier, soutenu par les percussions ,  la basse et les cuivres, nous gratifie d’une improvisation du plus bel effet et parfaitement maitrisée. Le jeu de trompette se faisant quelque peu lascif à sa suite. Le morceau regagne en rythme à l’entame de sa seconde moitié et ce moment où le public entre littéralement dans la danse. Maalouf sait également comment improviser avec les pieds, cela est plutôt réussi est garanti l’un des plus beaux moments du disque, ou se mêle improvisation, expression musicale et bonne humeur communicative. Quinze minutes pour un beau moment de partage.

C’est ensuite à un moment alliant savamment simplicité et beauté auquel nous avons droit, l’introduction du morceau True Story étant assurée par une délicate interprétation du thème principal de cette composition au piano. Quelques notes jouées subtilement, touchant presque immédiatement l’auditeur. Un moment rendu plus touchant encore et intense par l’intervention vocale de La Maitrise De Radio France. Un bref instant de silence, vite comblé par les accords cristallins du piano, suivis d’une trompette à peine plaintive pour une reprise du thème avec, cette fois, l’ensemble du groupe et de la chorale.

C’est sur un rythme plutôt lent, imprimé avec justesse par les claviers et la batterie, que ce déroule Ya Ha La le titre suivant. Un rythme et un chemin vite emprunté par Ibrahim et sa trompette, nous proposant ici un jeu plutôt expressif mais mesuré et empreint de douceur, l’ensemble étant soutenu par une discrète ligne de basse. L’interprétation gagne encore en profondeur au moment où les cuivres et le public se joignent à cet ensemble.

Your Soul se révèle être une magnifique petite complainte pianistique d’à peine plus de deux minutes, dont les seuls accords de piano ne peuvent laisser insensible. Un moment touchant emplit de sobriété, et dont la brièveté concours à rendre plus efficace encore. Quelques minutes pour un moment fort appréciable. Une vraie petite réussite.

L’opus simple se referme sur Beirut, longue pérégrination dans les rues de la capitale libanaise de plus de treize minutes, et composition fétiche d’Ibrahim, à la symbolique des plus fortes. Accueilli par la clameur du public à l’entame du morceau, le langage du jeune musicien se teinte d’accents nostalgique, voire de tristesse avant de joué un refrain empreint d’une grande force évocatrice. La dernière partie du morceau gagne en vivacité, ce fait plus rageuse, un peu comme si la vie reprenant le pas sur la rêverie, symbolisé à propos par des très bons accords de guitare. Une fin aussi attendue que logique à ce magnifique voyage entreprit aux coté d’Ibrahim Maalouf et ses musiciens…

Un mot enfin sur la pochette qui se veut un nouvel hommage au roi de la pop, succédant à une reprise de l’un de ses titres publiée sur disque quelques années plus tôt. Une manière aussi d’assumer  l’influence que des genres comme la Pop ou le Rock peuvent avoir, même sur un musicien de Jazz, trompettiste de son état. Une pochette dont la sobriété assure l’efficacité.

 

« Ce qui est magnifique dans une vie d’homme,

 C’est la musique. »

Alejandra Norambuena Skira

 

******

 

Avec ses 10 Ans De Live ! Ibrahim Maalouf nous offre une somme à la fois précise, concise et pléthorique, tant sur le plan audio que vidéo, nous permettant de prendre pleinement conscience de son potentiel de showman, digne à certains moments d’une véritable popstar. On y découvre des instants de grande sophistication musicale encadrés par quelques moments ou simplicité, instantanéité, communion et douceur se rejoignent.  Il y a dans ce coffret de quoi emporter l’adhésion d’un public des plus larges, néophyte ou non. Cette musique ne pouvant véritablement laisser l’auditeur insensible.

L’on chante, on danse, on pleure, on sourit, on éructe, on hurle sur les thèmes joués par Maalouf et son groupe qui ne peuvent manquer de toucher, ne peuvent laisser quiconque indifférents, que l’on apprécie ce genre de musique, de Jazz, ou non. La très grande dispersion musicale et l’omniprésence médiatique du trompettiste ainsi que les critiques acerbes dont il est souvent l’objet (comme ce fut le cas pour des musiciens tels Jan Garbarek ou Michel Petrucciani en leurs temps, et dont on juge encore aujourd’hui la musique trop « commerciale »), ne doivent jamais faire oublier l’essentiel : Si le jeune homme possède un talent certain, il est aussi et surtout un infatigable travailleur, un acharné, qui récolte les fruits de son travail. Avec celui de démystifier ce genre pour beaucoup, c’est là son plus grand mérite

Cette musique qui est la sienne se révèle de plus être une agréable compagne au quotidien pour qui veut bien se laisser séduire par ces nombreux thèmes plus accrocheurs les uns que les autres… Ibrahim Maalouf nous donne à boire et à manger, ne boudons pas notre plaisir !

Pour conclure cette petite critique, donnons une dernière fois la parole à Alejandra Norambuena Skira :

« Le Jazz, le Jazz…la variété pas la variété…l’Opéra…la musique de chambre.. A un moment donné, on parle de très grands musiciens. Ce monsieur est un immense musicien et un immense compositeur. Et il y a un moment peu importe le répertoire. Ce qui est magnifique dans une vie d’homme, c’est la musique, quelle qu’elle soit. Lui représente une musique, un courent magnifique. »[63]

10 ANS DE LIVE ! se décline sous plusieurs formats :

 

UN COFFRET LIVE EN SÉRIE LIMITÉE

  • 5 DVD DE CONCERTS :
  • 1 CD BEST OF DE 9 MORCEAUX LIVE
  • 1 DVD BEST OF DE 9 MORCEAUX LIVE + 5 TITRES BONUS
  • 1 CLÉ USB AVEC 2 H DE BONUS INÉDITS ET D’ ARCHIVES DEPUIS 2006

UN LIVRE DISQUE

REGROUPANT LE BEST OF DES MEILLEURS MORCEAUX LIVE EN CD & DVD

 

Liste des pistes de l’édition simple :

  1. Red & Black Light
  2. La Javanaise (avec Juliette Gréco)
  3. Will Soon Be A Woman
  4. Nomade Slang
  5. Intro True Story (avec la maitrise de Radio France)
  6. True Story
  7. Ya Ha La
  8. Your Soul
  9. Beirut

 

Ibrahim Maalouf, 10 Ans De Live !, Mis’ter Productions, 2016.

 

Xavier Fluet@GazetteDeParis

 

[1] Communiqué de presse accompagnant la sortie du coffret « 10 ans de live ».

[2]  Dossier de presse d’Ibrahim Maaloufaccent-presse.com : « en fait, je suis né le 5 novembre mais à cause des bombes, mes parents ne purent me déclarer à l’état civil qu’un mois plus tard », cité in : « Ibrahim Maalouf », Wikipédia.fr. Page consultée le 17/01/2017. Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibrahim_Maalouf#cite_note-5

[3] La guerre civile du Liban s’est déroulée du 13 avril 1975 au 13 octobre 1990. Elle fit entre 130 000 et 250 000 victimes civiles. In : « Guerre du Liban », Wikipédia.fr. Page consultée le 17/01/2017. Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Liban

[4] « Ibrahim Maalouf », Wikipédia.fr. Page consultée le 17/01/2017. Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibrahim_Maalouf#cite_note-5

[5] Plus petite que la trompette en si bémol standard, cet instrument permet jouer une octave plus haute. Maurice André a contribué à en enrichir le répertoire, en jouant cinquante ans durant. Maurice André, dont Nessim Maalouf fut l’élève lors de ses cannées d’études au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. In : « Trompette Piccolo », Wikipédia.fr. Page consultée le 17/01/2017. Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trompette_piccolo

[6]  « Ibrahim Maalouf (…) est le seul musicien au monde à utiliser une trompette « microtonale », inventée par son père dans les années 60. L’instrument a cela de particulier qu’il joue les quarts de tons, essentiels à la musique arabe. ». In : Susie Bourquin, Mathieu Charrier, « Ibrahim Maalouf et l’extraordinaire trompette inventée par son pére », Europe1.fr, 28 septembre 2015. Page consultée le 17/01/2017. Lien : http://www.europe1.fr/culture/ibrahim-maalouf-et-lextraordinaire-trompette-inventee-par-son-pere-2521223

[7] Cf. Note 4.

[8] « The trumpet part is still considered one of the most difficult in the entire repertoire […], article (en) « Brandenburg Concerto No. 2 in F major », sur Wikipedia en anglais. Cité in : « Ibrahim Maalouf », Wikipédia.fr. Page consultée le 17/01/2017. Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibrahim_Maalouf#cite_note-8

[9] Cf. Note 4.

[10] Ibid.

[11] Id.

[12] Id.

[13] Id.

[14] Id.

[15] Id.

[16] Id.

[17]  Les brèves informations concernant la carrière d’Alejandra Norambuena Skira proviennent du profil de celle-ci visible sur le site web LinkedIn. Page consultée le 19/01/2017. Lien : https://www.linkedin.com/in/alejandra-norambuena-skira-56254113

[18] Présentée par Julia Martin, l’émission Campus est en ondes chaque dimanche après-midi, de 14h à 16h. elle nous propose de découvrir une personnalité invitée à travers quelques-uns de ses plus proches amis. Le Campus consacré à Ibrahim Maalouf, diffusé le 13 novembre 2016,  est disponible via le lien suivant : http://www.europe1.fr/emissions/campus/campus-recoit-ibrahim-maalouf-2899229 

[19] Ibid

[20]Cf. Note 4.

[21] Cf. Note 18.

[22] Ibid.

[23] Id.

[24] Cf. Note 4.

[25] Anne Berthod, « Ibrahim Maalouf : Comment le trompettiste de Jazz est devenu une pop-star », Télérama.fr, 12 décembre 2015. Page consultée le 19/01/2017. Lien : http://www.telerama.fr/musique/ibrahim-maalouf-la-trompette-de-la-renommee,135260.php

[26] Ibid.

[27] Cf. Note 4.

[28] Site officiel d’Ibrahim Maalouf, section « Albums », Diasporas. Page consultée le 20/01/2017. Lien : https://www.ibrahimmaalouf.com/js_albums/diasporas/ 

[29] Cf. Note 4.

[30] Site officiel d’Ibrahim Maalouf, section « Albums », Diachronism. Page consultée le 20/01/2017. Lien : https://www.ibrahimmaalouf.com/js_albums/diachronism/

[31] Cf. Note 29.

[32] Cf Note 25.

[33] Site officiel d’Ibrahim Maalouf, section « Albums », Diagnostic. Page consultée le 20/01/2017. Lien : http://www.ibrahimmaalouf.com/js_albums/diagnostic/

[34] Cf. Note 4.

[35] Cf. Note 33.

[36] Cf. Note 4.

[37] Site officiel d’Ibrahim Maalouf, section « Albums », Wind. Page consultée le 20/01/2017. Lien : http://www.ibrahimmaalouf.com/js_albums/wind/

[38] Critique de l’album Wind, publiée en ligne sur le site internet de FIP Radio. Page consultée le 22/01/2017. Lien : http://www.fipradio.fr/decouvrir/album-jazz/wind-8141 

[39] Site officiel d’Ibrahim Maalouf, section « Albums », Illusions. Page consultée le 21/01/2017. Lien : http://www.ibrahimmaalouf.com/js_albums/illusions/

[40] Cf. Note 25.

[41] « Musique: Ibrahim Maalouf honoré aux Victoires du Jazz », Le Parisien, 09 juillet 2013. Page consultée le 25/01/2017. Lien : http://www.leparisien.fr/flash-actualite-culture/musique-ibrahim-maalouf-honore-aux-victoires-du-jazz-09-07-2013-2967553.php

[42] Cf. Note 4.

[43] Cf. Note 25.

[44] Cf. Note 4.

[45] Site officiel d’Ibrahim Maalouf, section « Albums », Au Pays d’Alice. Page consultée le 21/01/2017. Lien : http://www.ibrahimmaalouf.com/js_albums/au-pays-dalice/

[46] Cf. Note 4.

[47] Oum Kalthoum ou Oum Kalsoum (en arabe أم كلثوم), de son nom complet Oum Kalthoum Ibrahim al-Sayyid al-Beltagui, est une chanteuse, musicienne et actrice égyptienne, née à Tmaïe El Zahayira (Égypte) le 30 décembre 1898 et morte le 3 février 1975 au Caire. Surnommée l’« Astre d’Orient », elle est considérée, quarante ans après sa mort, comme la plus grande chanteuse du monde arabe. Son engagement dans des œuvres caritatives lui valut le surnom de « cantatrice du peuple ».Cité in : «Oum Kalthoum», Wikipédia.fr. Page consultée le 25/01/2017. Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Oum_Kalthoum

[48] Site officiel d’Ibrahim Maalouf, section « Albums », Kalthoum. Page consultée le 25/01/2017. Lien : http://www.ibrahimmaalouf.com/js_albums/kalthoum/

[49] Site officiel d’Ibrahim Maalouf, section « Albums », Red & Black Light. Page consultée le 26/01/2017. Lien : http://www.ibrahimmaalouf.com/js_albums/red-black-light/

[50] Cf. Note 25.

[51] Elena Amalou, « Moi, Ibrahim Maalouf, fiché par Interpol », sur clique.tv,‎ 18 novembre 2015.Cité in : « Ibrahim Maalouf », Wikipédia.fr. Page consultée le 08/02/2017. Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibrahim_Maalouf#cite_note-5

[52] Cf. Note 4.

[53] Laurent Carpentier, « Un an après les attentats, Sting au Bataclan pour une liesse cathartique », lemonde.fr,‎ 13 novembre 2016. Cité in : « Ibrahim Maalouf », Wikipédia.fr. Page consultée le 08/02/2017. Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibrahim_Maalouf#cite_note-5

[54]  Cf. Note 4.

[55] Ibid.

[56] Id.

[57] Id.

[58] Cf. Note 4.

[59]  Communiqué de presse de l’album 10 Ans de Live !

[60]  Cf. Note 25.

[61] Ibid.

[62] Cf. Note 25.

[63] Cf. Note 18.

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