Critique musicale: L’Homme Parle – Obsolescence Programmée (2016)

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L’Homme Parle…et s’engage : esquisse d’un riche parcours

En 2009, à l’occasion de la sortie de Militants Du Quotidien[1], son premier opus, le groupe l’Homme Parle définissait lui-même son univers et sa musique comme suit :

 «  Enfant du métissage des cultures et du brassage des ethnies, l’Homme Parle est le symbole d’une jeunesse unie  contre toutes les formes d’oppression et de discrimination. Le point en l’air et le mic à la main, l’Homme Parle des combats à menés et des causes perdues, des paradis artificiels et des pièges du monde moderne, des moments de bonheur et de l’amertume de la vie, de l’amour qu’on néglige trop souvent.

Dans un univers musical unique entre Rap, Reggae, Slam, Chanson et musique du monde, l’Homme Parle revendique un Hip-Hop altermondialiste, frais et engagé, soufflant un vent libérateur sur les terres stériles des musiques colophanées[2] ».

Cette « mise en mots », aussi brève qu’attrayante, du concept et de l’univers stylistique et musical du groupe L’Homme Parle avait certainement de quoi séduire le potentiel auditeur de ce Militants Du Quotidien, la symbiose des styles énumérés, si elle s’avérait judicieuse, garantissant à coup sûr une découverte distrayante et enrichissante. Si l’écoute de ce premier album permet aisément de découvrir ce qu’était le fondement musical de ce projet, tenter d’en retracer véritablement la genèse se révèle une tâche des plus ardues mais intéressante, passionnante même, et ô combien révélatrice du long chemin déjà parcouru à l’époque par ce combo nîmois composé de huit membres. Pour ce faire, il nous faudra remonter l’échelle du temps de plus de dix ans, vers la fin des années 90, quelque–part entre 1997 et 1998…

 C’est à cette époque donc que Nicolas Llory, étudiant âgé de 17 ans et passionné de musique, décide de donné corps à un projet lui tenant particulièrement à cœur. L’idée originelle de ce projet est de mettre sur pieds ce qu’il qualifie lui-même de « structure multidisciplinaire autour de la musique, de la danse » et ayant entre autres buts d’organiser spectacles et concerts[3]. Une initiative à laquelle  la mairie de Nîmes opposera une fin de non-recevoir qui obligera alors le jeune homme à se tourner vers le centre culturel et social du Valdegour, qui lui, saura prendre en considération ce projet.

De cette entente naitra le collectif Direkt Tribal Family, rassemblant musiciens, danseurs, grapheurs[4]… Toujours active depuis, l’association Direkt Tribal Family s’est donnée pour objectif de « développer les pratiques culturelles et soutenir la dynamique culturelle nîmoise et notamment celle du quartier Valdegour par le biais d’organisation d’évènements, d’ateliers artistiques, de la production de jeunes talents et de l’aide aux initiatives culturelles et aux formalités administratives des intermittents du spectacle »[5].

Si Nicolas Llory est engagé sur le plan associatif, il l’est aussi en tant que musicien, officiant à l’époque dans divers projets et formations au son à prédominance Rock. C’est au sein de l’un de ses groupes de Rock que Nicolas rencontrera Dgé, comme lui, future voix de l’Homme Parle, entre 1999 et 2000. L’organisation de concerts aidant, Dgé et Nicolas feront un peu plus tard la connaissance de Geoffrey (dit Yas), lui-même membre d’un groupe de Rock.

En 2000, alors que les projets musicaux des uns et des autres ont pris fin, Nicolas propose à Yas et Dgé de former un nouveau groupe du nom de l’Homme Parle.

Sur le concept originel de cette nouvelle entité musicale, Dgé et Nicolas déclareront :

« Nous étions tous réunis autour de la volonté de créer un groupe pour diffuser un message assez fort, centré autour de la parole. Le nom du groupe n’est pas très équivoque là-dessus : L’Homme Parle ! »[6]

« En fait, au début Dgé, Yas et moi, les trois chanteurs qui sont à la base de la création du groupe, on vient du Rock, de la Fusion, du Métal… Les groupes qui nous ont inspirés sont Rage Against The Machine, Lofofora, des groupes indés… Un jour on a décidé, car on avait un message très engagé et on a décidé de monté ce projet qui aller devenir L’Homme Parle et ou le message serait mis en avant. On a arrêté la guitare saturée, on s’est retrouvé à plusieurs, entre temps une chanteuse est arrivée puis un autre chanteur, à faire une fusion des styles autour des gouts de chacun, avec l’idée que le message devait primer, l’élocution du message et qu’on l’entende bien. Pas de guitare saturée, une forme de musique que l’on a cherché pendant des années et l’on s’est trouvé autour de la Chanson finalement. »[7]

L’idée générale définie, Dgé, Yas et Nicolas seront rejoint par Joana. La demoiselle apportant à ce premier ensemble empreint de Rock-Fusion ses influences fortement marquées par la Chanson ainsi que l’expérience faite du conservatoire, d’une formation musicale « classique »[8]. Nous sommes alors en 2001.

L’année suivante verra le groupe accoucher de son premier EP. Toujours à la recherche d’un son distinctif, L’homme Parle élargit de manière significative son spectre musical en accueillant en son sein, en 2004, une cinquième voix, celle de Tony Mandell, qui permettra au groupe d’explorer quelques contrées Reggae[9].

Nouvelle concrétisation discographique, en 2005, avec la sortie d’un nouvel Extended Play. L’année suivante, les membres du groupe sont à l’origine de la création d’un studio d’enregistrement, du même nom que l’association créée quelques années plus tot et situé comme elle dans le quartier du Valdegour[10]. Cette même année l’Homme Parle adhère à  Société Civile des Producteurs de Phonogrammes en France (SPPF). Les années passent et l’on constate que le groupe s’affirme et déjà, fait mine d’indépendance et d’autonomie, empruntant très progressivement la voie de la professionnalisation[11].

En 2008, soit près de deux ans plus tard, c’est au tour de Jason « Jazz » Ferry de se joindre au combo nîmois et d’y occuper le poste de batteur[12].

Militants Du Quotidien, première réalisation longue durée citée plus haut, est publiée en juin de l’année suivante. Sur cet opus, la composition du groupe est la suivante : pochette-lhomme-parle-album-web

Nicolas (à l’époque baptisé « Marxs ») au chant, à la guitare et à la MPC , Joana et Tony au chant, Yas et Dgé au rap et percussions, DJ Diez aux platines, J-B aux claviers et Jazz à la batterie. Au rayon des influence revendiquées ici, on retrouve, pêle-mêle : Black Eyed Peas, Manu Chao, Java, Tryo, Sinsemilia, Léo Ferré, Noir Désir, Asa, Saïan ou autres Lofofora et Renaud…

 Sur la composition des différents titres de l’album, on apprendra que Nicolas, secondé à l’occasion par J-B., s’est attelé à l’ensemble du travail, en prenant soin de privilégier musicalité et ouverture d’esprit[13]. Militants Du Quotidien révèle un contenu assez riche et globalement bien produit. Une production réussissant dans l’ensemble et habilement à lier finesse, nuance et spontanéité, cet album demeurant marqué du sceau de la jeunesse, multiplicité et mélange – audacieux et réussi –  des styles, ligne vectorielle d’un message humaniste et citoyen. Les treize chansons composant ce disque abordant des sujets tels : La solitude quotidienne, les interrogations futures, les rêves brisés, la crise des subprimes et d’autres encore. Si l’on peut trouver quelques menus « défauts » ou imperfections à cet opus, cette rencontre savamment orchestrée entre musiques urbaines, Chanson et Reggae ( styles prédominants plus ou moins sur cet album) et message déclamé dans la langue de Molière se révèle convaincante, emporte généralement  l’adhésion de l’auditeur et intéressera le plus curieux des amateurs. Parmi les compositions les plus réussies, marquantes et révélatrices de la diversité et de la richesse de cet album l’on retiendra : Militants Du Quotidien, Quelles Terre On Va Laisser ?, Les Smicards Ont Du Cœur, Parano, De Quoi Sera Fait Demain ?, la magnifique Les Peuples De L’Ombre, Un Rêve Brisé En France, L’Homme Parle et, évidemment, le titre La Crise, certainement de tous les titres de cette galette, le plus connu et ayant assuré à L’Homme Parle une plus grande visibilité et un succès aussi immédiat qu’inattendu…

Sur la genèse et le devenir de cette chanson, Nicolas Llory confiera lors d’une interview en radio :

« C’était en 2009, on était en train de terminer notre premier album à l’époque. On a fait un petit clip « fait maison ». C’était à l’époque ou la crise des subprimes commençait arriver en France. On à fait une chanson assez ironique, satirique sur cette situation qui d’ailleurs nous dépassait complètement. On à fait un petit clip qu’on a balancé sur internet, on était très content. Le lendemain, on avait fait 1000 vues. Puis, 2, 3,4, 5, 10 000 ! Ce qu’on ne savait pas, c’est qu’on allait en faire près d’1,8 million ! Des gens nous écrivaient, il avait l’impression d’avoir été vengé par cette chanson car ils venaient de se faire licencier. Alors que c’était rien…juste une chanson ! La chanteuse de l’époque en a pleuré en voyant des gens s’approprier cette histoire. Du jour au lendemain, le téléphone s’est mis à sonner pour faire des plateaux télé, radios et pour des concerts, énormément, on faisait 3, 4 concerts par an on s’est retrouvé à en faire une trentaine, à sillonner toute la France… »[14]

On a sorti une chanson, c’était la dernière de l’album, on a rien formaté, elle fait plus de cinq minutes. On s’est dit : on se lâche on y met tout ce qu’on a sur le cœur et on a fait plus de six millions de clics sur le net ! A ce moment-là, on était enfermé dans notre cave et on se disait que l’on devait être à côté de la réalité et on à reçu des centaines de messages. Les gens s’appropriaient la chanson…c’est pour ça que l’on fait de la musique finalement[15].

Le clip vidéo accompagnant le titre La Crise deviendra la vidéo la plus regardée sur le web quatre mois durant et le Myspace du groupe passera le cap des trois millions de visites. L’album Militants Du Quotidien se retrouvera lui en rupture de stock deux jours après sa mise en vente, se classant à la première place du Top 20 des téléchargements. 5 000 copies du premier opus de L’Homme Parle seront de plus écoulées[16].L27Homme20parle20cover20la20crise20

Cette même année, les membres de l’Homme Parle poursuivent plus avant leur engagement humanitaire, se joignant à l’association Humanimes[17] pour venir en aide aux SDF nîmois et mettre sur pied le projet caritatif « Un point entre Nîmes et Mekhnès ». L’action entreprise consiste à collecter et acheminer au Maroc fournitures scolaires, matériel médical et vêtements à destination des enfants défavorisés[18]. Soutenu depuis maintenant cinq ans par le groupe, ce projet semble avoir gagné en importance et s’être depuis étendu[19].

Le sucées venant, Le groupe tente de passer à la vitesse supérieure, toujours dans l’optique d’une professionnalisation à venir. C’est ainsi qu’en 2010, L’Homme Parle renonce au statut associatif qui était le sien depuis plus de 10 ans et opte pour un statut d’entreprise en SARL, trois branches d’une même société voyant le jour : Le label indépendant Activist Music, la société d’édition musicale Rock U Publishing créée elle en 2011 et, plus récemment encore, Bizaar Films, branche dédiée à la réalisation vidéo[20]. L’Homme Pale se veut donc un groupe totalement libre, surtout indépendant. A ce jour, seule la distribution des disques n’est pas directement assurée par le groupe.

L’Homme Parle se structure donc et passe plus de temps sur scène. En l’espace de trois ans entre 2009 et 2012, les nîmois se produiront 45 fois, parcourant La France, la Belgique, l’Allemagne et le Québec, où, les 13 et 14 juin 2010, dans le cadre des Francofolies de Montréal, ils se produiront devant respectivement 5000 et 2000 personnes[21].

 Sur scène, L’Homme Parle s’engage et milite toujours, apportant ces dernières années son soutien aux salariés d’Air France, aux sans-papiers, RESF, aux écologistes, à la CGT, ou autres barragistes  de Sivens.[22]

Le travail sur ce qui plus tard deviendra le second album studio débute dès 2010, Dgé, Yas, Joana, Tony, et Nicolas s’attelant au travail d’écriture qui se prolongera jusqu’en 2013.[23]

La conception de ce second disque sera entre autre marquée par deux résidences dans le courant de l’année 2011. La première, longue de trois semaines, se déroulera, entre les mois de février et mars, à La Fée Nadou, une ancienne cantine pour mineurs de fond reconvertie en résidence d’artistes, située à l’Affenadou, petit village administrativement rattaché à la commune de Portes, dans le Gard[24]. Le travail se focalisera à cette occasion sur les instrumentaux du futur album[25].  La seconde se déroulera six mois plus tard à Saint-Nazaire, sur une dizaine de jours environ, et verra L’Homme Parle  enregistrer les vocaux[26].

A la fin 2011 le travail sur l’album à paraitre est donc bien entamé et se poursuivra encore au cours de l’année suivante. Une année charnière pour L’Homme Parle si il en est. En effet, 2012 verra le groupe se remettre en question, s’interrogeant sur son avenir,  intensifier son rythme de travail, désireux que sont ses membre de voir leur jeune entreprise gagner en envergure et professionnalisme. Certains de ses membres, devant faire un choix, prennent alors la décision de quitter le groupe. Cette transition s’accompagnera notamment de changements notables au sein du groupe avec les départs de Joana et Tony et les arrivées conjuguées de Manon au chant et d’Alain et Greg aux postes de guitaristes et bassiste.

La litanie des départs et arrivées passée, une cohésion nouvelle trouvée, et après deux années de travail, L’homme Parle livre finalement En Avant ! le 23 septembre 2013, soit un peu plus de quatre ans après la parution de Militants Du Quotidien[27].LHomme-parle-pochette-EN-AVANT-

Une rapide revue d’effectif nous rappellera qu’à la sortie de cet album l’Homme Parle se composait de : Yas, Dgé, Nicolas et Manon aux chants, de Jazz à la batterie, Greg à la basse, d’Alain à la guitare et enfin de Flo aux claviers.

En Avant ! est un disque stylistiquement bien diffèrent de son prédécesseur et, en cela,  permet une nouvelle fois au groupe de faire usage d’une palette musicale des plus vastes, riches et variées, des ornements de musique Pop, Folk succédant intelligemment aux imprégnations de Rap, Hip-Hop, et musiques du monde proposées quelques années plus tôt. Pop, Folk et Chanson se rencontrent et donnent à entendre une musique au rythme assez enlevé, globalement enjoué et festif. On remarque toutefois le soin apporté à la production de l’ensemble, la spontanéité audible sur le premier opus laissant ici place à une musique au son des plus calibrés, carrés, sans fioriture aucune et non dépourvus de finesse. On constate à l’écoute que ce travail est en somme plus abouti, les musiciens ayant sans nul doute  gagné en expérience et maturité depuis leurs débuts. Si la musique proposée évolue, est allée puiser ses inspirations sur d’autres contrées, quitte à désarçonner quelque peu l’auditeur ayant fortement apprécié le premier opus, le message, lui, toujours demeure. L’Homme Parle délivrant, et ce non sans un trait d’humour frondeur toujours bienvenu, son message profondément humaniste, sondant notre société et ses travers, nous appelant à garder le poing levé (jusqu’à la victoire, sinon rien), chantant la vie d’artiste, travers et hermant politiques, douceurs d’une époque bel et bien révolue, absurdité de nos comportements quotidiens. Parmi les plus belles réussites de cette seconde livraison citons : En Avant ! , A Table, La Vie De Bohème, Rêve De Gosse, On Ferme, La Grande Distribution et enfin Republik Circus.

En Avant ! se vendra à 7000 exemplaires et se verra défendu lors d’une tournée longue de soixante dates entre 2014 et 2015.

Obsolescence Programmée : L’Homme Parle à la croisée des chemins ?

L’Homme Parle débute le travail sur ce qui deviendra son troisième opus tôt après la tournée ayant suivie la parution du  disque précèdent et retrouve les studios dès le mois de décembre 2014[28]. Le processus de création verra l’octuor nîmois retrouver ses quartiers cévenols à l’occasion d’une semaine de résidence passée à l’Amorié[29], un gîte de groupe situé non loin de Saint-Jean-Du-Gard et Anduze. Le groupe se penchera sur sept de ses nouvelles compositions lors de cette résidence[30].

La réalisation de l’album sera le fruit de plus d’une année de travail. Un travail qui aura vu les nîmois composer près d’une cinquantaine de titres et ne retenir que treize d’entre eux[31]. Treize chansons composant donc Obsolescence Programmée, album sorti le 12 février dernier et sur lequel nous allons désormais nous pencher.

Obsolescence Programmée  fut enregistré au studio Activist par Nicolas (qui à également officié en tant que réalisateur artistique et concepteur graphique sur ce projet) et Greg tandis que mixage et mastering sont eux dus au travail de Plume. Les compositions sont, pour la pus part, signées par l’ensemble des musiciens et les textes sont eux l’œuvre conjointe de Nicolas, Dgé, Yas Manon et zoB. Deux titres se singularisent toutefois de ce travail commun : Ado Maso, titre sur lequel le groupe fut  épaulé par Jean-Philippe Heurtaut pour la composition et Mes Jours Sont Aussi Noirs Que Mes Nuits, dont les rimes sont nées d’un travail à quatre mains, entre Nicolas et zoB. Enfin signalons que Jazz est l’auteur des photos de la pochette et des membres du groupe[32].

Obsolescence Programmée propose une production soignée qui ne dépare pas celle de l’album précèdent, se révélant tout aussi aboutie et convenant parfaitement à la nouvelle direction musicale prise par le groupe. Si En Avant ! proposait une musique encore fortement imprégnée d’influences propre à la Chanson Française, délivrée sur des rythmes aux teintes assez festives, Obsolescence Programmée se veut lui bien plus Rock, faussement Pop, parfois. La musique est ici plus agressive que par le passé, l’atmosphère générale et le propos se voulant également plus sombres. L’ensemble fait la part belle à l’expressivité, le son des guitares étant résolument saturé et les guimmicks de batterie souvent emplis de lourdeur, sans toutefois que d’autres éléments sonores en pâtissent, témoignage d’un travail de qualité. Le son est très calibré, carré. Les amateurs de longue date regretteront un travail qu’ils jugeront peut-être trop lisse pour un opus résolument Rock. De même, le changement de style amorcé ici pourrait décontenancer certains auditeurs, plus enclin à entendre l’Homme Parle évoluer, sur disque du moins, entre musique urbaines, du monde, Rap, Reggae, Hip Hop ou Chanson. L’octuor propose sur ce troisième album une musique proche de celle qu’il délivre habituellement sur scène, nombre de ses membres revenant ainsi à des styles musicaux déjà explorés et exploités avec plusieurs de leurs anciennes formations.

C’est avec Le Jour Viendra que l’album débute. Une plage titulaire résolument Rock, ayant le mérite d’annoncer la couleur en s’ouvrant sur des accords de guitare électrique saturés auxquels se joignent une batterie au gimmick plutôt lourd et massif, imprégnant au titre un rythme plutôt martial dont se dégage comme une impression de froideur convenant très  bien au propos délivré sur ce morceau, et une basse à la ligne du même acabit quoi que bien plus discrète sur l’ensemble du titre. Les quatre voix œuvrent tour à tour dans un registre teinté d’agressivité. Ce titre fut choisi comme simple, annonciateur de ce nouvel album, dévoilé, ainsi que son clip, dès le mois de décembre 2015. Un titre assez efficace, remplissant pleinement son office mais, fort heureusement, peu révélateur de l’album dans son ensemble, de son contenu, sa richesse. Le texte, comme nombre d’autres, nimbé de clair-obscur, semble évoquer le possible d’un avenir meilleur, sans que cela ne paraisse garanti : Egaré au cœur de l’hiver/Idéaliste je t’ai ouvert/Tu étais juste endormie/ Sous le manteau de l’hypocrisie/Au loin le son des mégaphones/La fin joyeuse est pour demain/Souris et brule jusqu’à l’automne/Jusqu’à la fin.

La découverte se poursuit ensuite avec le titre O Ma Culture, un titre aussi Rock, puissant et au propos aussi vindicatif et habité que le précédent. L’entame du titre est faite par la six cordes électrique, très vite épaulée par une basse à la ligne ronde et plus audible que précédemment qui imprime à cette composition un rythme élevé. La batterie délivre un gimmick simple mais de bon ton tandis que les claviers accomplissent un beau travail lors de l’exécution des refrains notamment, les mettant joliment en valeur. Un titre paraissant plus efficace encore que le précédent et qui, à coup sûr, promet de bons moments lors des concerts. Une réussite. Le  texte dévoile une (première) charge, désabusée mais finalement des plus justes, contre les médias généraliste (T.V., radios, service public…) et la mascarade généralisée à laquelle la culture dite « populaire » souvent se trouve réduite : Enseignez-moi votre doctrine/Quand vous prêchez je m’incline/Devant votre art de la tendance/Dysfonction, lobotomie/Pilonner la même chanson/Doublez la posologie/Libre arbitre, mon infection/Rémunéré à la Picole/Pour l’amour du Rock And Roll/L’indépendance, mon seul honneur/C’est d’lever tout droit mon majeur.

Mes Jours Sont Aussi Noirs Que Mes Nuits, second simple extrait de ce disque,  arrive ensuite et se signale par une introduction de guitare à la ligne à la fois simple et lourde mise en valeur par quelques menus effets. Au bout d’une minute section rythmique et claviers s’y joignent pour délivrer un motif musical assez pesant. Le pont du morceau laisserait entendre à l’auditeur comme une baisse de rythme avant que celui-ci ne gagne à nouveau en vivacité sur la seconde moitié du titre. Nous avons ici droit à l’un des titres les plus singuliers de tout le répertoire des nîmois. En effet, cette chanson est l’œuvre et est interprétée par le seul Nicolas Llory et se veut l’un des titres les plus introspectifs et personnels qu’il ait lui-même composés et proposés jusqu’à aujourd’hui. Un moment singulier, se détachant aisément du reste du disque, pour une étonnante et touchante mise à nu. Au sujet de cette chanson Nicolas confiera, lors d’une interview en radio :

«  J’ai fait cette chanson qui pour moi était vraiment un exutoire. Aujourd’hui je me dis : quitte à revivre toute cette histoire que j’ai vécue, je préfère avoir fait cette chanson ! C’est pour moi l’une des plus belles choses que je n’ai jamais faite ! [33]»

Un texte à fleur de peau, aux mots simples mais évocateurs pour coucher sur le papier rupture, doute, remise en question et finalement renouveau, sous un angle des plus personnels : Comme tout semblait écrit/Je n’avais rien pour me défendre/Ton feu s’était éteint/Alors j’ai bouffé de la cendre/Danse belle fugueuse/Je suis intime avec les ombres/Elles me chuchotent des idées noires/Je reste sourd sinon je sombre/Il est tombé le soldat fidèle/Le con qui marche, la sentinelle/Chaque matin se lève sur un désert/Ravagé par les gerçures de l’hiver.

C’est par quelques accords de guitare au son saturé que débute Télégénique, le titre suivant. Clavier, basse et batterie impriment à cette chanson son rythme Rock, dont le refrain, chanté par Manon, est des plus efficaces et est agréablement mit en valeur par quelque ornements de synthétiseurs. On notera que l’apparente douceur se dégageant de la voix féminine ne fait qu’accentuer, selon nous, toute l’ironie contenue dans le message délivré par L’Homme Parle à travers cette chanson, qui devrait prochainement sortir en single et ainsi être accompagné d’une vidéo. Nouvelle saillie contre les média grâce à ce titre, grâce auquel temps de cerveau disponible et autres fumisteries télévisuelles se voient ici clairement épinglées : J’achète et je vends/Des minutes du cerveau des gens/Oui j’achète et je prends/ Un peu de toi, un peu de sens/Un peu de temps sur vos absences/Pui-je avoir votre attention/Ici le virus de la nation/Votre émission , si vous l’acceptez/ Ingurgiter de la variété/Canapé, perfusion, populace en léthargie/Cerveau prêt pour ablation/Tout est beau, tout est gentil.

Vagabond débute par une rythmique de guitare bien claire, accentuée ensuite par une ligne de basse trés ronde est empreinte de lourdeur et soutenue à propos par un gimmick de batterie d’excellente facture. Ce titre renoue indirectement et intelligemment avec le son et les styles abordés par le passé par les nîmois et donne à entendre l’un des plus appréciables moments du nouvel opus. Son texte aborde certainement la thématique des flux migratoire, ou la possible quête d’un ailleurs, une voie nouvelle à tracer, entreprise également propice au questionnement, à la remise en cause : Si je pars, vers une vie imaginaire/Rappelle-moi qu’on s’y perd/Je cours à l’envers/Si je pars, vers les tambours de la gloire/Rappelle-moi qu’on s’y perd/ En l’air, en l’air/Pourquoi jeter l’ancre à tout prix/Que mes jours deviennent mes nuits/On est juste de passage/Le clair-obscur au creux des mains/Je pars de rien/Je pars/O large, ô désespoir.

C’est au son lourd d’une batterie que Les Chanteurs De Salon prennent le relais. La ligne de basse semble bien ronde quoi que plus en retrait que sur les titres précédents, du moins sur la première moitié du morceau, se faisant davantage remarquer au milieu de la composition. Le titre fait de nouveau la part belle aux envolées puissantes et typiquement Rock, bâtissant le parfait écrin pour des vocaux emplis de hargne et d’ironie. C’est une nouvelle fois l’hypocrisie médiatique qui est exposée dans le texte de cette chanson, ainsi que le sacrifice de l’art en général, sans que nul doute ne soit manifestement permis : Vas-y fait danser les singes/Si ta voix vaut de l’or/ Vas-y fait danser les singes/ l’art est mort/ Et alooors !/ Paroles habillées de belles fringues/ Tellement lavées, qu’elles sont blêmes/Ta mélodie dans ma seringue/ la paix à Jérusalem/Les artistes capitalistes/Concessionnaires de la musique/En ballerine sur la piste/ Vite un acide ascorbique.

Là Où Personne Ne M’Attendra, la composition suivante, débute au son d’une six cordes à la ligne lourde, imprimant presque instantanément à ce titre comme une impression de pesanteur, accentuée par le gimmick joué par la batterie. La basse elle demeure discrète à l’entame du morceau. Toutefois, le clavier parvient, grâce à une intervention du plus bel effet, à instaurer une impression de légèreté, créant du même coup un joli contraste sonore à ce morceau à la rythmique plutôt lente, poussive au départ. La seconde moitié du titre gagne en vivacité et puissance grâce au clavier, paraissant plus présent encore et fort joliment mis en valeur. La coda du morceau contraste, elle aussi, intelligemment avec son introduction comme pour mieux traduire ce sentiment, réel oui supposé, d’avoir atteint le point de non-retour…Un changement des plus notables est très clairement amorcé ici. En effet, L’Homme Parle, qui par le passé nous enjoignait à demeurer debout, aller de l’avant le poing levé et ne pas se résigner, semble très clairement envisager une autre voie. Si rester et tenter de faire évoluer les choses s’avère au bout du compte impossible, l’exil, et l’inconnu en résultant, peut alors être envisagé : Là où personne ne m’attendra/Aller juste admirer la vue/avant d’sauter les bras en croix/ Là où personne ne m’attendra/ sauter tout droit dans l’inconnu/Quelque part, quelque part/Partir rêveur sans faire de bruit/Pour un printemps sans préavis/Bercé comme une feuille au vent/d’un va-et-vient si déroutant.

Exil 418 se distingue d’abord par l’apparente douceur de son introduction fredonnée. Celle-ci se voit vite appuyée par une batterie, d’abord discrète et lointaine puis plus audible, présente et donnant à entendre un rythme lent et plutôt martial, contrepoint judicieux au gimmick de clavier apportant à cette composition ce qu’il faut de douceur, « de clarté », entre autres appuyé par l’intervention de la guitare, à ce titre à la tonalité, à la teneur plutôt sombre. Le thème de l’exil est une nouvelle fois abordé ici, sur un ton « doux-amer ».Une destination nouvelle semble pouvoir être atteinte, sans garantie réelle toutefois : Comme cette vie n’est pas pour nous/On peut se montrer nos blessures/En Harmonie avec les fous/Marchons ensemble sur la bordure/Trop tard pour crever/On verra demain/J’vous racontez la fin/Sauf si j’arrive…/Trop tard pour crever/On verra demain/Une happy-end ou rien.

Ado Maso se signale par son entame jouée au clavier et à la batterie. La basse est ici très ronde et lourde et le rythme donné à ce titre Rock de facture assez « classique » est élevée et enjoué, grâce notamment aux guitares électriques au son puissant et saturé,  ce qui contraste efficacement avec le morceau précédent. Le thème de cette chanson fut déjà abordé par L’homme parle par le passé, sur l’album En Avant ! notamment, et se voit ici habilement et joliment prolongé. C’est avec force que le groupe parvient, et sa façon, à dresser le portrait d’une jeunesse manifestement désabusée mais non totalement résignée, pour laquelle l’espoir de lendemains meilleurs demeure : Si le futur dépend de nous/Sur le marché européen/Une pilule rouge et j’oublie tout/Réveillez-moi pour voir la fin/La terre agonisante offerte sur un plateau/Une vie si palpitante/Quel beau paquet-cadeau/A quel âge avez-vous perdu/La présomption d’innocence/C’est dommage d’être pendu/Sur l’autel de l’indifférence/Une carrière bien tracée/Sur l’autoroute de la routine/Allez videz vos chargeurs/Sur ma cible marketing/J’dois porter sur mes épaules ?/Tout le poids  de vos conneries/Je suis un gamin hors de contrôle/Je n’épouserai jamais Paris.

La chanson De Nulle Part arrive ensuite et, comme le titre précédent, se  démarque grâce à une entame non dénuée de douceur, jouée au piano. La ligne de basse, au même titre que le gimmick de percussion, imprime à ce titre un rythme paraissant lent quoi que soutenu. Un titre à la teinte légèrement, ou faussement, Pop. Le texte de cette chanson répond au précédant et complète son propos, la jeunesse continuant de s’interroger : Je viens de nulle part/Un peu paumé sur le territoire/Je viens de nulle part/Je va-et-vient aléatoire/De quel continent ai-je eu le choix/Fils de l’Europe Made in China/Enfant martyr ou pourri gâté/Fils spirituel un peu paumé/Enfant paria ou né à Gaza/qui sait ce que le sort me réservera.

C’est sur une introduction de guitare/basse massive qu’arrive La Poudre Aux Yeux, titre suivant, sur lequel la batterie se fait, dans un premier temps, relativement discrète. La six cordes et les percussions se feront toutefois plus présente dans la seconde moitié de cette composition. Le clavier tire son épingle du jeu sur ce  titre, livrant un jeu des plus appréciables sur l’ensemble du morceau. On notera la finesse qui semble se dégagé ici du son de la section rythmique, témoignage d’un travail abouti et de qualité. C’est avec un texte teinté de noir que le groupe semble évoquer une certaine idée de résignation (fatalité ?) face à une réalité quotidienne devenue morose et difficile, poudre aux yeux et cache misère étant généralement du même acabit : Jetez-nous de la poudre aux yeux/Nos rêves restent nos rêves/Jetez-nous de la poudre aux yeux/Avant que demain nous achève/Donnons nos espoirs à la science/Gardons la réalité pour nous/Au tri sélectif ma bonne conscience/J’aurais pu y prendre gout/Mais les factures qu’on ouvrent plus/Et la  poussière sur nos envies/Les beaux projets qu’on a perdus/Ca ne s’apprend pas mais ça se vit…

C’est aussi par une rythmique massive que se signale Obsolescence Programmée, titre éponyme auquel nous avons ensuite droit. Sur ce morceau Rock vif et puissant la guitare et ses sons et accords saturés se voient bien mis en avant. Un texte démystifiant joliment  l’indispensable inutilité dont chacun de nous aujourd’hui ne saurait se passer sans se sentir orphelin : Mes ton amant humanoïde/De tes entrailles te vide/C’est pas vraiment l’paradis/Que dieu le père t’avait promis/Au premier signe d’anémie/Il t’abandonne sur le trottoir/Et se tourne vers l’infini/Pour un nouvel exutoire. 

L’album trouve son épilogue avec La Fin, treizième et dernier titre de cette nouvelle livraison nîmoise. Le titre débute calmement, la guitare délivrant ici une ligne à la fois simple et claire. Une batterie imprimant un rythme lent mais soutenu arrive ensuite, avant qu’une ligne de basse ne vienne se plaquer à propos surl’ensemble. Le refrain voit le titre gagner en rythme et puissance. Le texte de ce dernier titre laisse entrevoir une vision des plus sombres, et sans illusion aucune, sur l’avenir, le devenir d’un modèle sociétal et/ou mondial semblant par bien des aspects moribond et n’ayant plus rien à offrir, à la majorité du moins : American 11vous m’entendez ?/Il pleut des cendres sur le papier/Une odeur âcre de fumée/ faut-il en rire ou étouffer ?/Missionnaire en costard/Et connard en missionnaire/Les flammes lèchent vos milliards/Messieurs sortez vos canadairs/Spéculez-moi en parties fines/Un doigt glissé avec finesse/Est-ce la fin qui se dessine ?/Dans le lit tièdes de la finance/ Qui dansera sur les ruines fumantes/Poussières d’amiante et métaux lourds/attaché-case et bouche béante/Je vous attend dans l’arrière-cour/Le désert sur les boulevards/Le vent chante sur les pavés noirs/Entends les foules incendiaires/Ici tout n’est que poussière/Le désert sur les boulevards/Les flammes lèchent les pavés noirs/Un dernier regard en arrière/ Les illusions, l’acier, les pierres.

« Comme cette vie n’est pas pour nous
On peut se montrer nos blessures
En Harmonie avec les fous
Marchons ensemble sur la bordure »

 

 

*****

Avec Obsolescence Programmée L’Homme Parle nous livre une fois encore un album se démarquant singulièrement du précédent. La Chanson et les rythmes festifs et enjoués cédant place à une musique Rock accrocheuse, accompagnée d’un aspect « mainstream » plus prononcé, qui décontenancera certainement les amateurs de la première heure, ceux-là arguant surement que ce groupe à la musique naguère si originale, et au style affirmé, cède ici à quelques facilités en vue d’un succès massif. Plus évident est de constater que ses membres sont grâce à ce disque revenu au style de musique qu’ils affectionnent le plus, rapprochant du même coup production discographique et prestations scéniques.

Les nîmois avaient jusqu’à maintenant proposés deux albums variés et riches, fort différents l’un de l’autre. Ils sont ici fidèles à eux-mêmes, creusant leur sillon et explorant cette fois des contrées Rock. La musique évolue, la plume demeure acérée, grinçante, s’affermie.  Humour et dérision ne semblent toutefois plus devoir être convoqués en premier lieu. La véhémence originelle du message côtoie désormais désillusion, doute et noirceur. L’impact et la force du message que le groupe délivre depuis maintenant près de quinze ans demeures constant, mais ton et regard ont toutefois singulièrement changés, signe, si il en était, que, pour l’Homme Parle comme pour nous, le temps a passé, a fait lui aussi son œuvre, apportant son lot de bouleversements plus ou moins profonds. Le nouvel angle sous lequel sont ici exploités des thèmes précédemment abordés sur d’autres albums est en cela révélateur (élément également révélateur de la cohérence de l’œuvre du groupe et de sa démarche dans son ensemble). Le tout se complète, s’enrichit, s’approfondit.

Obsolescence Programmée est en outre un album bien bâtit, son écoute attentive mettant au jour sa cohérence interne. Chaque titre y est bien à sa place, nombre de compositions se répondant, se prolongeant, se complétant, renforçant le plaisir d’écoute. Ainsi, et malgré les quelques petits défauts ou facilités que l’on voudrait bien y trouver, Obsolescence Programmée se révèle être un album de qualité et d’une grande richesse. Le temps en est à ce titre un bon allié, plusieurs écoutes pouvant se révéler nécessaires pour l’appréhender, l’apprécier pleinement et en saisir le message. Un album réussi et un travail très recommandable !

Notons enfin que les nîmois viennent de donner le coup d’envoi de leur nouvelle tournée et étaient pour l’occasion en concert dans la salle parisienne La Boule Noire le sept avril dernier. Sur le plan strictement discographique, il semblerait que Nicolas mette actuellement la dernière main à ce qui deviendra son premier album solo. Manon elle est impliquée dans un projet du nom de MOody, groupe aux influences Jazz/Pop entre autres, travaillant à la finalisation d’un premier Extended Play.

Liste des pistes :

  1. Le Jour Viendra
  2. O Ma Culture
  3. Mes Jours Sont Aussi Noirs Que Mes Nuits
  4. Télégénique
  5. Vagabond
  6. Les Chanteurs De Salon
  7. Là Où Personne Ne M’Attendra
  8. Exil 418
  9. Ado Maso
  10. De Nulle Part
  11. La Poudre Aux Yeux
  12. Obsolescence Programmée
  13. La Fin

 

L’Homme Parle, Obsolescence Programmée, Activist Music- Rock U Publishing, 2016.

Brochure A5 portrait

 

Xavier Fluet @GazetteDeParis

 

[1] L’Homme Parle, Militants Du Quotidien, Direkt Tribal Family- Activist Music, 2009.

[2] Ibid. Texte accompagnant l’album.

[3] Radio Laser, Emission Dans les loges, Interview de Nicolas Llory, 18/02/2016. Page consultée le 25/03/2016. Lien : http://www.radiolaser.fr/L-Homme-Parle-et-dit-des-choses-interessantes-a-propos-d-Obsolescence-programmee–mais-pas-que-_a16602.html

[4] Site internet de l’Homme Parle, section « Biographie ». Page consultée le 25/03/2016. Lien : http://www.lhommeparle.fr/album/biographie.html

[5] Page de Direkt Tribal Family sur Exrranet.nimes.fr. Page consultée le 25/03/2016. Lien : http://extranet.nimes.fr/extranet/associations/detail-assos.php?id=3278

[6] Radio Larzac, Emission Millau Les pieds sur terre 2010, Interview du groupe L’homme Parle, 03/07/2010. Page consultée le 25/03/2016. Lien : http://www.radiolarzac.org/sons/interview-du-groupe-l-homme-parle

[7] France Culture, Emission Chanson Boum !, Interview du groupe L’homme Parle, 14/02/2016. Page consultée le 25/03/2016. Lien : http://www.franceculture.fr/emissions/chanson-boum/l-homme-parle

[8]Ibid.  Cf. Note 6.

[9] Ibid. Cf. Note 4.

[10] Direkt Tribal Family sur Quickstudio.com. Lien : http://www.quickstudio.com/studios/direkt-tribal-family

[11] Id. Cf. Note 4.

[12] Id.

[13] Id. Cf note 2.

[14] Cf. Note 7.

[15] Cf. Note 3.

[16] Cf. Note  4.

[17] « Humanîmes », Le Journal De Valdegour, 27/01/2011. Page consultée le 02/04/2016. Lien : http://lejournaldevaldegour.over-blog.com/article-humanimes-65876355.html

[18]  Ibid.

[19] Cf. Note 3.

[20] Site web d’Activist Musik, rubrique « Comment on est organisé ». Page consultée le 02/04/2016. Lien : http://activistmusik.creezvotreboutique.com/infos.php?info_id=4

[21] Cf. Note  4.

[22] Ibid.

[23]  Livret accompagnant l’album En Avant !.

[24] Site web de La Fée Nadou. Page consultée le 02/04/2016. Lien : http://www.lafeenadou.com/residences/page/le-projet

[25] On consultera avec intérêt les vidéos réalisées par le groupe lors de ce séjour cévenol, visible sur sa chaine Youtube sous le titre « Enregistrement du deuxième album, saison 1 : la musique » Page consultée le 02/04/2016. Lien : https://www.youtube.com/playlist?list=PL13B193E23DEECC75

[26] Playlist Youtube « Enregistrement du deuxième album, saison . : les paroles » Page consultée le 02/04/2016. Lien : https://www.youtube.com/playlist?list=PL5493A712C190C1A0

[27] Site internet de l’Homme Parle, section « Discographie ». Page consultée le 25/03/2016. Lien : http://www.lhommeparle.fr/album/discographie.html

[28] Cf. Note 4.

[29] Site du gîte : http://www.lamorie.fr/

[30] On consultera les vidéos réalisées lors de ce nouveau séjour cévenol, visible sur sa chaine Youtube sous le titre « Enregistrement du troisième album, épisode 1 : exil dans les Cévennes » Page consultée le 12/04/2016. Lien : https://www.youtube.com/watch?v=MM5GoZ2BpDU . Notons que le reste des images captées lors des sessions de travail autour de ce troisième disque doit certainement s’être retrouvé sur le DVD « L’Homme Parle un groupe de musique indépendant. », disponible sur le site du label Activist Music : http://activistmusik.creezvotreboutique.com/

[31] Cf. Note 4.

[32] L’Homme Parle, Obsolescence Programmée, Activist Music- Rock U Publishing, 2016. Contenu du livret. 

[33] Cf. Note 3.

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