Espagne : le président du gouvernement catalan veut dialoguer, Madrid refuse

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Tic-tac, tic-tac… A écouter Carles Puigdemont, la déclaration d’indépendance de la Catalogne n’est plus qu’une question de temps. Dans une allocution télévisée, mercredi soir, le président du gouvernement indépendantiste catalan a réaffirmé sa volonté de se séparer de l’Espagne, en accord avec le référendum — illégal — tenu dimanche.

 

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S’il ne dévie pas d’un iota, Puigdemont continue de laisser une porte entrouverte afin de sortir de cette crise par la négociation. « Nous voulons une médiation […], nous voulons arriver à un pacte », a-t-il réaffirmé, assurant rejeter toute forme d’action violente. « Soyons calme, soyons sereins, soyons tranquilles », a intimé le Catalan frondeur.

 

Au roi d’Espagne, Felipe VI, qui la veille l’avait taclé, dénonçant une « déloyauté inadmissible », Puigdemont a rétorqué : « Il a perdu l’occasion de s’adresser à tous les citoyens. La Constitution exige qu’il soit un modérateur. Il ne fait que défendre les décisions du gouvernement espagnol qui bafoue les droits des Catalans. » Le roi même serait, selon lui, délégitimé.

 

Isolé sur la scène internationale

 

Mais l’indépendantiste est très isolé sur la scène internationale. Et la médiation qu’il appelle de ses voeux ne vient pas. Mercredi soir, le gouvernement espagnol l’a d’ailleurs rejettée. « Si M. Puigdemont veut parler ou négocier, il sait parfaitement ce qu’il doit faire auparavant : se remettre dans le chemin de la loi, qu’il n’aurait jamais dû quitter », a affirmé la présidence du gouvernement dans un communiqué.

 

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Peu de responsables européens ont réagi. Et la Commission européenne, dont le vice-président, Frans Timmermans, était mercredi présent au Parlement lors d’un débat d’urgence sur le sujet, a rappelé son soutien entier au gouvernement de Madrid. Même s’il a encouragé les deux parties à communiquer. L’UE ne s’en mêlera pas.

 

Et si Puigdemont passe à l’acte ?

 

A Barcelone, une initiative soutenue par la maire de la capitale catalane, Ada Colau (hostile à l’indépendance), tente de se mettre en place pour essayer de poser les jalons d’une médiation. Sans savoir si cela pourra aboutir à temps. A temps pour quoi ? Avant que Carles Puigdemont ne déclare unilatéralement et donc illégalement, l’indépendance de la Catalogne ? Dans une interview à la BBC, mercredi, il a assuré que cette décision pourrait intervenir « quarante-huit heures après le décompte des résultats officiels ». Le parlement catalan doit se réunir lundi.

 

Et si Puigdemont passe à l’acte ? Didier Billion, directeur adjoint de l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), n’est pas optimiste : « L’Espagne suspendra l’autonomie de la Catalogne, on peut aussi craindre des emprisonnements. La fuite en avant continue… »

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