L’art du pizzaïolo napolitain entre au patrimoine immatériel de l’humanité

Share

L’art du pizzaïolo napolitain faisant valser la pâte dans les airs vient de faire son entrée au patrimoine immatériel de l’humanité. L’Unesco vient de l’annoncer, ce jeudi, à l’issue d’une réunion qui avait lieu dans l’île sud-coréenne de Jeju-dor.

Dans sa candidature, l’Italie avait fait valoir que ce savoir-faire culinaire allait plus loin que le simple fait de faire voltiger la pâte à pizza dans les airs. Il s’agit aussi d’un état d’esprit qui associe « chansons, sourires, technique, spectacle ».

Un véritable art du jonglage

Historiquement, le terme pizzaïolo apparaît en 1 799. A Naples, la profession va véritablement prendre son essor au XIXe siècle. Au début de ce siècle, une cinquantaine de pizzaïolos sont recensés dans la ville. Leur nombre va rapidement doubler alors que les pizzas deviennent un plat consommé par toutes les couches de la société.

La technique de l’art du jonglage de pâte va se développer pour attirer les clients en mettant une certaine ambiance dans les restaurants. Et rapidement des compétitions vont se mettre en place.

Une tradition qui se perpétue : cette année, lors du Championnat du monde des pizzaïolos, c’est le Français, Olivier Mazzadi qui vient d’être sacré pour sa pizza « dessert » à base de mascarpone, aux poires poêlées et flambées au vieux rhum, aux amandes grillées et à la pâte à tartiner.

Les Américains premiers consommateurs de pizzas

Selon la Coldiretti, principal syndicat agricole italien, cinq millions de pizzas sont consommées chaque jour en Italie pour un chiffre d’affaires annuel de 12 Mds€. Ce sont les Américains sont les plus gros mangeurs avec 13 kilogrammes de pizza par personne et par an. Les Italiens en consomment 7,6 kg, devant les Espagnols (4,3 kg) et les Français (4,2 kg).

Pour obtenir cette reconnaissance, deux millions de personnes avaient signé une « pétition mondiale » a expliqué Sergio Miccù, président de l’association des pizzaïolos napolitains.

« Victoire ! », a immédiatement réagi sur Twitter Maurizio Martina, le ministre italien de l’Agriculture en ajoutant qu’il s’agissait d’un « nouveau pas pour la protection de l’héritage gastronomique et viticole de l’Italie. » Pour fêter la nouvelle, la ville de Naples a distribué des pizzas gratuitement dans la ville ce jeudi. « Pour nous, c’est comme gagner la Coupe du monde » s’est enflammé Gennaro Gattimolo, un pizzaïolo de 57 ans interrogé par l’AFP.

D’autres traditions distinguées par l’Unesco

Dans la liste du patrimoine culturel créée en 2003 par l’Unesco, on retrouve déjà 365 traditions, diverses formes d’art ou des célébrations. C’est par exemple, le flamenco espagnol, le festival de lutte à l’huile de Kirkpinar en Turquie…

En plus des pizzaïolos, l’Unesco a aussi inscrit l’Al-Qatt Al-Asiri, une forme d’art spontané traditionnelle de la région pratiquée dans la région saoudienne de l’Asir par les femmes qui décorent les murs. Le Shital pati au Bangladesh a aussi été reconnu. Cela consiste à une fabrication traditionnelle de nattes tissées avec des bandes de jonc.

Enfin, l’Unesco a mis en avant le kok-boru, un jeu équestre traditionnel du Kirghizistan, dans lequel deux équipes de cavaliers tentent de déposer une carcasse de chèvre dans le but de l’adversaire. Aujourd’hui, cette carcasse est plutôt remplacée par un moulage, selon l’Unesco.

You must be logged in to post a comment Login