Musique: Black Bones sort « Kili Kili » , son 1er opus

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On connaît ce sens inné de la mélodie. On connaît ces refrains pétulants qui collent comme
des caramels aux dents, ces hymnes à la joie pétaradante. Ils ne ressemblaient sans doute
pas tout à fait à ça. Ils étaient peut-être moins secoués, moins variables, moins punk dans
l’âme. Mais, même sous une autre forme, on a déjà croisé ces airs multicolores, ces couplets
fluo, ces chansons un peu folles, ces tubes drôles et beaux, directs, simples mais pas
simplistes, méchamment efficaces et carrément dansants. Bon sang ne saurait mentir. Et il
ne fait qu’un tour, ou plutôt mille, lorsqu’on découvre l’identité du Coach de Black Bones.
   
Black Bones, monté avec Marianne Mérillon, Odilon Horman, Ludovic Caqué et Samuel
Allain, est la créature d’Anthonin Ternant, tête très prolifique des rémois Bewitched Hands,
machine à immenses chansons et l’un groupes français les plus enthousiasmants des
dernières décennies, séparé en 2014.

 

Black Bones est la collision, sur disque et en groupe, des projets solos de Ternant, avec le
plus intime Angel et le très scénique The Wolf Under The Moon. C’est la collision de sa
passion pour les groupes américains des années 90, de son amour pour le non-sens et
l’immensité de Ween, pour les projets variés de Lou Barlow (Sebadoh, Centridoh, The Folk
Implosion…), pour les grands-écarts des Beastie Boys ou pour Beck, explorateur azimuté de
la chose pop. On pourrait aussi trouver, dans ce premier album, un peu de Supergrass, un
peu de Super Furry Animals, un peu d’Arcade Fire, des super-héros de comics, des zombies
latinos et des battes de base-ball, de l’épique, de l’électrique, de l’électronique ou du rap.
On trouve surtout, dans Kili Kili, une imparable collection de hits sur pneumatiques, une
série de tubes rigolards, variables et ravageurs, de chansons sexy à chanter en foule, une
vision punk et acide de la pop bubble-gum, à goûter le cœur léger et le pogo joyeux, les
zygomatiques crampés et les popotins rebondissant à l’unisson.
 
Thomas Burgel
 
 
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