Musique – « Fragile? un combat vers une certaine « liberté! »

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Le 26 mai dernier sortait Smile(s), premier EP du groupe bordelais Fragile. A cette occasion, nous nous sommes entretenus avec David Dupuy qui, avec Mathieu Pittet, est l’un des initiateurs de ce projet. Pour nous, il revient sur les débuts du groupe, la conception de ce premier 5 titres, la scène et l’avenir. Rencontre.

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Fragile-Smiles

       Nous vous savons basés à Bordeaux. Pourriez-vous nous en dire en peu plus, comment le projet Fragile a-t’ il vu le jour ?

Ce projet se nourrit de rencontres successives au fil du temps, des rapports d’amitiés ont déclenché un travail entre Mathieu bassiste/guitariste et moi même, par la suite d’autres intervenants se sont greffés sur le projet suivant les envies de jouer en live, composer, travailler en studio etc…

     D’ailleurs le nom de votre projet interpelle lors de la découverte de votre EP, « Fragile » est-il déjà révélateur de votre musique, sa couleur ?

Fragile est une réponse à l’insensibilité du monde qui nous entoure, tous les jours, il est l’acceptation de choses que l’on se refuse de voir ou d’entendre et par ce fait permet de passer des étapes supérieures. Je le vois plus comme un combat vers une certaine « liberté ».

Musicalement il y a une partie ou l’on peut assimiler les arrangements a quelque chose de délicat peut être, mais le contraire est aussi vrai avec des titres plus bruts et directs. Il y a de l’ambivalence comme dans beaucoup de choses, il y a de la force, surtout sur scène il me semble.

      Abordons Smile(s) votre premier Extended Play. On découvre que les langues française et anglaise s’y côtoient. Est-ce révélateur de vos diverses influences ?

Complètement, c’est révélateur de nos influences qui s’étendent très loin mais aussi du hasard, le hasard des compostions lorsque l’on est en improvisation sur son piano ou sa guitare, les mots viennent suivant les mélodies et la musicalité, plus c’est mélodique plus cela nous pousse vers l’anglais naturellement.

      L’influence anglo-saxonne est très perceptible sur Smile(s). Vous avez enregistré en France en compagnie de Fred Norguet notamment et le mixage, œuvre de Joe Barresi, s’est fait aux Etats-Unis, à Los Angeles. Quelques détails sur ces sessions de travail ? y a-t-il une conception musicale fondamentalement différente d’un pays à l’autre. Dans l’approche de la composition, par exemple ?

Questions très intéressantes… les sessions de recording se sont faîtes avec Fred Norguet ainsi que Julien Lebart dans différents studios, à Perpignan et à Bordeaux. Toutes les méthodes sont bonnes à prendre même si il n’y a pas non plus un son qui tombe du ciel subitement, c’est à dire que, par exemple, pour les guitares, nous avons enregistré dans de très bonnes conditions dans une très belle cabine avec du gros matériel de studio. Il s’est révélé que nous n’étions pas satisfait du son qui manquait de présence et qui n’était pas fidèle a ce qui sortait de nos amplis et de ce que l’on imaginait. Nous avons décidé de refaire toutes les guitares à la maison, dans notre local de répétition et dans une salle de concert ou nous avons des amis qui nous ont ouvert leurs portes. Nous avions deux fois moins de moyens et au final les prises sonnaient comme nous voulions, plus brutes et fidèles à notre vision de départ.

Pour moi il n’y a pas vraiment de conception différente sinon je crois que nous n’aurions pas pu mixer à Los Angeles, de plus vous remarquerez que le chant Anglais n’est pas travaillé pour ressembler à un Anglophone mais bien assumé avec un accent français pour garder la cohérence des deux langues dans la couleur du disque.

Il y a je pense, plus, une vision du son différente, un savoir faire, et chaque pays et ingénieur du son a sa patte, sa valeur ajoutée dans un projet, ce qui lui permet de faire progresser le projet en lui même. On dit souvent que le son est plus chaud sur la côte ouest des États-Unis et plus froid sur la côte est, les conditions de vie, les us et coutumes joueraient sur nos émotions et notre visions des choses. Je crois que c’est vrai cela se ressent au final sur un mix. En France par exemple nous aurions eu un mix plus précis, nous aurions entendu distinctement tous les instruments mais cet avantage aurait eu l’inconvénient de ne pas pouvoir donner de la personnalité et une couleur au projet, il n’y aurait pas eu de parti pris, ce que Joe Barresi a fait pour nous, il a mis sa couleur sa patte de manière très instinctive en mixant en direct sur une vieille console analogique et il ne s’est fié qu’à son ressenti sur la musique.

      Certains insistent volontiers sur le côté « poétique » de votre musique. Des influences particulières de ce côté-là, littéraires ou autres ?

Il doit y avoir des restes de la pléiade qui trainent ici ou là 😉

Baudelaire et Shakespeare m’ont un peu plus marqué même si beaucoup sont à citer.

      Au delà de l’aspect strictement musical du projet, on remarque nettement un soin particulier apporté au visuel. Il est évident que c’est cela que l’on remarque en premier, avant même de jouer le disque. Dans ce domaine vous avez fait confiance à Laurent Seroussi, comment s’est fait votre rencontre ? Sa vision personnelle et de photographe a-t ‘elle eut un impact important  sur votre réalisation au final ?

Nous avons rencontré Laurent Seroussi par hasard il y a quelques années. Il cherchait un bar en ville et ils étaient tous fermés, il s’est retrouvé par hasard avec un ami au bar de la salle ou nous jouions pour un tremplin, on leur a dit entrer voir les groupes c’est gratuit, et si je reprends ses termes, il a poussé la porte et nous commencions à jouer la première note, il a vu tout notre set et a été surpris car à l’époque nous avions un chant batterie qui était lead. Il est venu nous voir à la fin en nous disant j’aime beaucoup ce que vous faîtes et j’aimerais réaliser une pochette pour vous un jour si ça vous dit. Nous ne savions pas qui il était et après quelques échanges de mails notamment le premier ou nous lui avions demandé si il avait déjà des travaux personnels à nous montrer, nous nous sommes vite rendu compte de qui il était et que nous avions eu la chance de le rencontrer par hasard, je me souviens avoir ouvert la boîte mail et être tombé sur la pochette de Fantaisie militaire de Bashung ainsi que des pochettes de M mais aussi ses travaux plus personnels. Pour le travail des visuels sur ce projet Laurent a une vision très artistique et personnelle de notre musique et notre musique s’intègre très naturellement dans ses propres créations, il n’y a pas besoin de réfléchir à un concept, les réflexions qu’il propose dans ses œuvre, les métaphores que l’on peut y voir sont aussi dans la musique de fragile, c’est ce que l’on appelle une bonne rencontre.

      L’EP maintenant disponible, l’album ne devrait plus tarder…

Nous l’espérons, cela dépendra de l’EP, des concerts, ce qui est sur c’est qu’il y a un nouveau titre qui est prêt pour la rentrée et que nous aimons beaucoup, en espérant qu’il plaise aussi…

     Auras-ton bientôt l’occasion de vous retrouver sur scène ?

Nous jouons plutôt en acoustique en ce moment mais nous préparons l’électrique pour l’automne, il y aura peut être une date le 18 juin au Gibus pour essayer certains titres sur scène en électrique.

     Juste pour notre curiosité, quelle est la dernière découverte musicale intéressante que vous ayez faites ?

Je ne sais pas si je peux appeler cela une découverte car ça commence à dater mais mes oreilles ne s’en lassent pas, j’écoute beaucoup le groupe Pg.lost.

   Enfin, et pour finir, quelque chose à dire aux Parisiens et Parisiennes en particulier ?

Oui, que nous gardons un souvenir impérissable d’une date à la Flèche d’or et que nous serons de retour en live dans la capitale à la rentrée je l’espère.

 

Propos recueillis par Xavier Fluet pour La Gazette De Paris

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Fragile, Smile(s), Handle With Care, 2014.

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