Venezuela : Maduro "se soumet aux pouvoirs" de l’Assemblée constituante, composée de ses alliés

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Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a consacré jeudi l’Assemblée constituante comme la plus haute instance du pays lors de sa première apparitions devant la chambre, très proche du pouvoir.

Cette assemblée doit réécrire la Constitution actuellement en vigueur qui date de 1999 et est considérée par le président qui l’a initiée comme la seule solution pour mettre fin à la crise politique et sociale qui secoue le pays. Si Nicolas Maduro reconnaît lui-même que “cette assemblée a eu une naissance violente“, il n’a pour le moment pas réagi aux attaques de ses opposants qui l’accusent de vouloir s’accaparer le pouvoir grâce a celle-ci.

“En tant que chef de l’Etat, je me soumets aux pouvoirs de cette assemblée constituante. Je viens reconnaître ses pouvoirs plénipotentiaires (sic), souverains, originaux et magnifiques”, a déclaré Nicolas Maduro.

Pressions et craintes s’accentuent

Réunie pour la première fois il y’a six jours, cette assemblée a pour ambition de réécrire la Constitution vénézuélienne avec la crainte pour beaucoup de voir le président Maduro obtenir les pleins pouvoirs. Cette crainte est d’autant plus forte que seuls des alliés socialistes du président y siègent et que le scrutin a eu lieu dans un contexte de fortes protestations au régime actuellement en place. Les 545 membres qui la composent ont en effet été élus le 30 juillet dernier lors d’un scrutin qualifié de “farce” par les opposants à Maduro. Les leaders de l’opposition avaient d’ailleurs refusé de présenter des candidats et appelé au boycott des urnes.

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Les craintes exprimées par l’opposition et les observateurs internationaux de dérive totalitaire ont d’ailleurs été confirmées dès la première session de travail de l’assemblée. Lors de celle-ci, les membres de la Constituante ont limogé à l’unanimité, Luisa Ortega, la procureure générale du pays et principale opposante à Maduro dans les sphères du pouvoir.

Les condamnations de la communauté internationale mais aussi la mise en place de nouvelles sanctions par les Etats-Unis ont continué à isoler un peu plus le pays y compris dans la région avec un retrait forcé du Mercosur. Depuis le mois d’avril, plus de 120 personnes auraient perdu la vie lors de violences entre les manifestants et le les forces de l’ordre.

(Avec agences)

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